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Le Président fait le bilan

Entretien

20 mai 2018

Le Président fait le bilan

Satisfactions et regrets. Bilan et perspectives. Dans un entretien accordé pour les lecteurs du site officiel, le président Rivère livre son analyse de la saison, rend hommage à Lucien Favre, brosse le portrait de son successeur, et confirme qu’il continuera à porter le projet, dans un nouveau cycle, avec le directeur général Julien Fournier.

Quel bilan tirez-vous de cette saison ?
Ne pas avoir réussi à nous qualifier pour l’Europe est un regret. Mais compte tenu de notre budget, ce n’est pas non plus l’objectif affiché par le club quand il démarre la saison.
Notre discours n’a pas changé. Chaque année, nous visons le 1er tiers du championnat et de temps en temps d'arriver à accrocher l'Europe. 8e cela reste honorable et cela installe le club dans le haut de tableau sur la durée.

Avec le recul, quand dans quelques semaines la déception de Lyon sera redescendue, cela restera une bonne saison ?
Oui. Mais les deux précédentes étaient exceptionnelles. Nous marchions sur l’eau l’an passé. On perd vite la mémoire. Nous l'avons bien clamé à l'époque qu'il s'agissait d'exceptions. On peut vite s’habituer à l'extraordinaire. Et quand on est seulement bons, j’ai parfois perçu la tentation de noircir le tableau, malgré une saison où nous avons éliminé l'Ajax chez lui, où nous avons eu le frisson de la Champions League à Nice, où nous avons fait un beau parcours en Europa League, et où nous avons bataillé jusqu'au bout pour l'Europe en championnat après avoir relevé la tête.

Cet effectif pouvait-il néanmoins viser plus haut ?
Oui. Il aurait pu nous permettre de nous qualifier à nouveau pour une coupe d'Europe. Nous pouvions viser la 5e place. A nous de travailler, d'être plus efficaces pour redevenir européen dans le futur. L'autre regret est l'élimination face au Lokomotiv Moscou. Il y avait largement la place pour passer.

Vous dites que le Gym aurait pu accrocher la 5e place. Qu’a-t-il manqué à l’équipe cette saison ?
Elle était capable de rivaliser avec des formations qui ont terminé devant elle, et d'avoir un niveau de jeu élevé sur certaines rencontres. Mais son irrégularité l'a pénalisée. Nous avons perdu trop de points en route sur des matchs où nous aurions dû prendre le dessus. Cela doit nous servir d’expérience pour la suite.

« Nous continuons à porter le projet en attaquant un nouveau cycle »

Quelle est votre principale satisfaction ?
Nous n'avons jamais abandonné nos principes de jeu. Et nous avons su, par moment, élever notre niveau. Le moment important restera la qualification contre l'Ajax. Elle n'était pas budgétée. C'était la certitude de faire au moins l'Europa League. Et l’on sait qu’emmagasiner de l’expérience pour notre jeune effectif lui donne les moyens de progresser. Ensuite, avec notre mauvais indice Uefa, nous avons eu à affronter Naples. La marche était trop haute, mais on aurait pu la réduire. Je ne dis pas que nous aurions gagné, mais nous aurions fait un meilleur résultat si nous avions disputé cette double confrontation plus tard dans la saison.

En dehors du terrain, l’entrée dans le nouveau centre d’entrainement et de formation fut un moment important de la saison ?
Oui. Il représente un gros effort financier pour un club comme l'OGC Nice. Mais quand on veut évoluer, il faut regarder à moyen et long terme. Les fondations du club sont saines. C'est ma fierté. La 1re année (2011-12) est à oublier, parce que nous n'avions pas la main. Quand nous démarrons réellement notre projet en 2012, nous sommes partis de zéro, sans un euro dans les caisses. Depuis, nous avons pu consacrer de l'argent pour structurer le club. Et nous avons aujourd'hui constitué un actif joueurs de grande valeur. Cela signifie que le club est armé pour affronter l'avenir et des moments difficiles s'ils surviennent. C'est une vraie satisfaction. C'est ça, les fondations.

Depuis notre arrivée avec Julien (Fournier, directeur général), chaque euro gagné a été réinvesti dans le club, que ce soit dans les joueurs, les structures, le recrutement de collaborateurs pour faire progresser l'OGC Nice,... C’est une volonté permanente de consolider le club. Nous avons toujours eu aussi la préoccupation de conserver la compétitivité de l’équipe. Ce qui nous a permis de jouer le haut du tableau ces trois dernières années.

Malgré ce bilan, tout n’a pas été simple en coulisses durant la saison. Quelles incidences ont eu ces turbulences ?
On ne va pas se réfugier derrière ça. Mais il est vrai que l’énergie que nous avons du déployer pendant de longs mois avec Julien pour absorber cet environnement négatif afin qu’il n’impacte pas l’équipe nous a un peu épuisés moralement. Il y a encore peu de temps, nous nous sommes réellement posés la question de clôturer cette belle histoire. Mais nous sommes trop respectueux et attachés à ce club, aux salariés, aux supporters pour mettre en difficulté l’institution OGC Nice. Personne n’est irremplaçable. Mais nous avons considéré que le timing n’était pas bon. Nous continuons donc à porter le projet, en attaquant un nouveau cycle. Et nous avons l’espoir de faire encore grandir l’OGC Nice.

« Merci Lucien »

Même si la pression est devenue très forte cet hiver quand l’équipe était 17e, vous avez maintenu votre confiance au coach. Cette constance a payé...
La pression ? Nous n’y avons pas été sensible. Un changement d’entraineur n’a jamais été étudié. Quand nous sommes convaincus que notre projet est bon en analysant avec lucidité la situation, il n'y a pas lieu de changer. Nous l'avions aussi démontré par le passé quand les résultats étaient moins bons avec Claude (Puel) en 2014 et 2015. Et nous avions bien fait au regard de la saison qui avait suivi (4e en 2015-16). Savoir maintenir le cap permet à un club de progresser. Ce n'est pas sain de partir dans tous les sens aux premiers soubresauts.

Quel héritage Lucien Favre laisse-t-il ?
Avant toute chose, il faut le remercier pour le travail qu'il a accompli à l'OGC Nice. Il a continué à faire grandir l'OGC Nice, comme Claude avant lui. Nous sommes très heureux de ce nouveau challenge pour lui et lui souhaitons la réussite qu’il mérite. C'est un professionnel mais aussi un homme de qualité. Ce fut un plaisir de travailler avec lui Nos rapports furent extrêmement agréables.
Quant à nous, nous ne subissons pas les événements. Son départ a été évidemment anticipé, et nous sommes depuis un moment à l’œuvre pour avoir un entraîneur en phase avec notre projet et capable de nous faire franchir encore un cap.

Quel est le profil que vous visez ?
Un entraineur avec la capacité à continuer de produire du beau jeu, à faire progresser des jeunes joueurs en prenant le risque de les faire évoluer, et qui insuffle un état d'esprit de gagne. En tant qu’homme, nous voulons quelqu’un avec lequel on a plaisir de travailler au quotidien et de porter ensemble un projet, comme ce fut le cas avec Lucien.

L’intersaison qui commence annonce le début des mouvements de joueurs. Dans le sens des arrivées comme des départs. Alassane Plea a ainsi déjà laissé entendre qu’il bénéficiait d’un bon de sortie, tandis que les rumeurs concernant Mario Balotelli sont naturellement très présentes aussi…
A l’heure où je vous parle, aucun départ n’est acté. Mais il est vrai qu’Alassane arrive à un moment de sa carrière où il devient difficile de l'empêcher d'aller voir autre chose. Il faut respecter ça. On est là pour faire progresser les joueurs, ce fut son cas. Mika Seri est dans le même cas de figure. Celui d’un très bon joueur qui a beaucoup apporté au club et qui peut nourrir un souhait légitime de partir à l’étranger.
Quant à Mario, il est encore sous contrat, avec des clauses que je ne dévoilerai pas. S'il émet auprès de nous l’envie de partir, nous lui souhaiterons le meilleur, en ayant été très heureux d'avoir un joueur aussi exceptionnel que lui pendant deux ans avec nous. Les arrivées et les départs sont la vie d'un club. Nous sommes tout à fait sereins là-dessus.

La campagne d’abonnement va débuter mardi. A quel OGC Nice peuvent s’attendre les supporters en 2018-19 ?
Notre ambition demeure de faire progresser le club. Cela ne signifie pas de terminer 4e, 3e,... C'est de produire du beau football, de procurer du plaisir à nos supporters, d'avoir de bons résultats, et de fortifier l’institution pour que le club s’inscrive dans la durée. Nous espérons que nous aurons tous nos supporters et nos partenaires avec nous pour réaliser une saison encore plus aboutie l'an prochain.

L.O.