Accueil Site officiel de l'OGC Nice

Onorati à domicile

Le témoin

31 octobre 2017

Onorati à domicile

Il appartient à l’ancien temps. Celui de la souffrance et des éclairs. De la dernière relégation et du dernier trophée. Ancien milieu offensif au jeu raffiné, Roberto Onorati (51 ans) a regagné son Italie natale à l’issue de sa carrière de joueur. Le duel face à la Lazio, au Stadio Olimpico (coup d'envoi jeudi à 21h05), offrait donc l’opportunité de composer son numéro. Le Romain, passé (entre autres) par la Fiorentina et le Genoa, a décroché, orienté et relancé. Certaines choses ne changent jamais.

Roberto, avant toute chose, que devenez-vous ?
J’ai travaillé dans le foot, toujours. Et toujours en Italie. Désormais, je suis « talent scout » (recruteur) et je sillonne le pays.

Malgré seulement deux saisons passées au Gym (de 96 à 98), les supporters conservent un bon souvenir de vous.
C’est à la fois gentil et étrange, parce que mon histoire à Nice a été un peu particulière. Quand j’ai signé, j’étais en fin de carrière, je n’ai pas pu donner le maximum. Mais bon, j’étais le premier Italien à venir en France, c’était une bonne expérience.

Qu’est-ce qui, à l’époque, avait motivé votre choix ?
Je connaissais un peu la Côte d’Azur, il y a une vrai proximité avec l’Italie et je venais de temps en temps quand je jouais à Gênes. On m’a fait cette proposition, j’ai accepté. C’est aussi simple que ça.

Du coup, vous vous êtes décidé à quitter l’Italie.
C’est ça. Mais quand je suis venu en France et à Nice, il n’y avait pas tout ce professionnalisme. C’était beaucoup plus « amateur » que ce que j’avais connu tout au long de ma carrière. Maintenant, tout à l’air d’avoir changé. Le Gym s’est amélioré, est devenu une équipe importante. Le club achète bien, gère bien, rend les joueurs meilleurs, joue l’Europe. Malheureusement, il est contraint d'avoir des mouvements à chaque mercato, comme tous, à part la Juve, Paris, Barcelone, le Real et les plus grands. Donc c’est difficile de rester en haut.

Vous avez l’air d’être sacrément au courant de l’actualité rouge et noire...
J’ai beaucoup suivi la saison dernière. Nice a créé la surprise en terminant sur le podium. Je regarde un peu moins cette année, même si je sais que le début est plus compliqué. Encore une fois, c’est souvent ce qui arrive, à part pour les clubs les plus puissants.

OGC NICE 1997-98 (Challenge de l'offensive au Fort Carré)
Valencony, Angibeaud, Onorati, Aubame, Rol, Stéfano, Pottier, Huc
Benali, Aulanier, Calégari, Gioria, Martin, Savini

Que retenez-vous de votre passage ici ?
Le pénalty en finale, le défilé dans la ville avec beaucoup de supporters après la victoire en Coupe de France (1-1 , 4-3 t.a.b contre Guingamp), la Coupe d’Europe dans la foulée, où on se fait éliminer par Prague alors qu’on évolue en 2e division... J’ai beaucoup de bons souvenirs.
 

"Au Ray, à la sortie d'un match, deux supporters m'attendaient... pour aller en boîte"


Un en particulier ?

Oui, mais pas vraiment au niveau du foot. A Gênes (où, durant 7 saisons, il disputa les demi-finales de la Coupe de l’UEFA, termina 4e de Serie A et connut la Serie B, ndlr), j’étais habitué à beaucoup de pression. Si tu perdais à la maison, la police pouvait te ramener chez toi. A Nice, c’était plus tranquille. Une fois, nous venions de perdre au Ray et, à la sortie du match, deux supporters m’attendaient à la sortie du stade pour... me demander d’aller en boite. J’y étais allé (il se marre). D’ailleurs, j’en ai fait pas mal de boites, car je suis resté après ma carrière à Nice (sous le président Sensi, Onorati s’occupait des liens entre la direction et le secteur sportif), avant de retourner à Rome.

Vous parlez de la victoire lors de la Coupe de France 97 : comment pouvez-vous expliquer, avec du recul, le fait que vous ayez soulevé le trophée en étant relégué ?
Notre équipe ne pouvait pas tenir la distance. Sur 38 rencontres, les limites finissent par se voir, pas sur un match à élimination directe. Nous étions capables de faire des coups. Ça nous a souri.

Le Gym 1996-97 au Parc des Princes, avant la dernière finale de coupe de France du club.

Vous êtes né à Rome. Votre coeur est plutôt laziale ou romanista ?
Romanista.

Quel regard portez-vous sur l’autre club de la ville, la Lazio ?
En ce moment, elle joue très bien, avec beaucoup de confiance. Du coup ça se voit sur tous les tableaux. La Lazio possède de très bons éléments, surtout en attaque, avec Immobile. Leur équipe s’est nettement améliorée, et Inzaghi fait du très bon travail. Tactiquement, il est très juste, gère bien tous les aspects. Bref, l’équipe va bien. Avec Naples, ce sont les plus en forme, et Nice a rencontré les deux.

Selon vous, est-ce jouable pour le Gym ?
Ce sera difficile de pendre un point, Nice est dans le dur alors que la Lazio cartonne. S’il redresse la barre, le Gym a les qualités pour faire quelque chose, même si ce sera très compliqué. Et puis un point serait bon pour tout le monde….

Enfin en tant qu’Italien, que pensez-vous de l’aventure niçoise de Mario Balotelli ?
J’ai été très surpris quand j’ai appris qu’il signait au club. C’est un garçon avec de grosses qualités, un gros potentiel. S’il est en confiance, il fait la différence et là, il réalise de bonnes choses. Son retour en équipe nationale ? Le problème, c’est que les attaquants (Immobile et Belotti) sont bons en ce moment, donc Ventura ne ressent pas le besoin de le rappeler. Mais s’il joue bien et continue à marquer, il va y avoir de l’espace, parce qu’au niveau du talent, il est au-dessus...

C.D.