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La bise de Belhanda

Interview

13 octobre 2017

La bise de Belhanda

Il fait partie des créateurs avec qui l'on peut partir à la guerre. De ceux qui, une fois sur le terrain, perdent le sourire et inspirent la crainte. Technique, puissant, teigneux, Younes Belhanda (27 ans) a laissé une superbe trace de son passage au Gym. Homme fort de la 3e place acquise la saison passée, l'international marocain a pris la direction de Galatasaray cet été. Auteur d'un début de saison solide, tantôt en 8 ou tantôt en 10, il a décroché son téléphone pour évoquer le bon vieux temps. En parlant des Aiglons et de leur duel face à Montpellier, son club formateur. Une affiche où, grâce à un but décisif, il avait acté son retour en L1 l'an passé. 

Younes, avant toute chose, comment se passe ta nouvelle vie ?
Super bien. Je suis dans un grand club, quelque chose de solide. Galatasaray, ça parle à tout le monde, mais une fois que tu es dedans, c’est un truc de fou. Je n’aurais jamais pensé que c’était à ce point, c’est incomparable. Dans la vie de tous les jours, dans le quotidien, l’entraînement : c’est démesuré. Si tu aimes le ballon, c’est parfait.

Istanbul est-elle aussi belle que sa réputation ?
Elle est magnifique ! C’est une ville immense. Même les gens d’ici disent que c’est impossible de tout visiter. Tout est joli, partout. Et partout où tu vas, tu rencontres des fans. Dans la rue, à l’entraînement, à domicile… Même à l’extérieur ! Galatasaray est le plus grand club de Turquie, donc même quand on se déplace, on a l’impression d’être chez nous. Et chez nous, il n’y a pas un ou deux kop(s) comme tu peux le voir en France ou en Allemagne : il y en a 4, un par tribune. Tout le stade se répond. C'est incroyable.

Et au niveau football ?
La Super Lig n’est pas un championnat mineur, tu te retrouves face à de très bonne équipes. Beaucoup de joueurs sont arrivés cette année, c’est très technique, il y a un gros engouement, des grands stades, du public. Et puis pour nous, tout se passe bien. Nous avons été éliminés de l’Europa League (par Ostersund) parce qu’il n’y avait pas grand monde chez nous. On avait perdu 0-2 à l’aller et après, c’était trop dur de revenir (1-1 au retour). Par contre en championnat, le départ est canon. Beaucoup de joueurs ont débarqué à la fin du mercato, tout s’est enclenché tout seul et on est leader. J’espère que ça va continuer.

Suis-tu toujours les performances des Niçois ?
Bien sûr ! A chaque fois que je ne joue pas, je regarde. C’est plaisant, car l’équipe continue à bien jouer au ballon.


"Gomis ? Je lui ai dit que l'année dernière, contre nous, l'OM n'avait pas vu le jour..."


Comment juges-tu le début de saison rouge et noir ?

En championnat, il y a eu quelques problèmes, mais c’est normal. Paul, Ricardo, Dalbert, Val et moi sommes partis, il y a eu des arrivées, c’est logique que tout prenne un peu de temps pour se mettre en place. Il y a cette belle performance contre l’Ajax, après tu tires Naples, tu n’as pas de chance. L’année passée, on a joué des adversaires moins forts en poule d'Europa League et c’était compliqué, on n’y arrivait pas. Nous n’avions pas assez d’expérience. Mais ça a servi, car le début de l’Europa cette saison est parfait. Tant mieux.

As-tu toujours tes collègues au téléphone ?
Toujours. Rien que depuis le début de la saison, j’ai eu Malang (Sarr), Yoan (Cardinale), Val (Eysseric), Mario (Balotelli)… Et puis j’ai parlé avec le coach il y a deux semaines.

Si ce n’est pas trop indiscret, que vous êtes-vous dit ?
Je lui ai envoyé un message après Marseille pour lui dire que ce n’était rien, qu’on avait perdu sur des erreurs. C’est notre seul échange sportif, après on a parlé de la vie, parce qu’il est très humain et qu’on en parlait déjà beaucoup avant.

T’es-tu branché avec Bafétimbi Gomis à propos du derby Nice – Marseille ?
Et comment ! Je lui ai dit que l’année dernière, ils n’avaient pas vu le jour. Chez nous comme chez eux, parce que ce 2e match, on devait aussi le gagner. Lui m’a dit qu’ils l'avaient remporté grâce aux coups de pied arrêtés qu’ils avaient travaillés (score final 2-1). On ne peut pas refaire l’histoire, mais quand j’y repense, ça me fait toujours ch***, parce que c’est un derby, ça fait toujours mal.
 

"Pour moi Nice, c'est le jeu"


Quand on te reparle du Gym, quelle est la première chose qui te vient en tête ?

Pour moi Nice, c’est le jeu. C’est ce qui me restera en tête. Il y avait aussi une super mentalité, des bons joueurs. Quand c’est comme ça, il ne peut rien t’arriver. A Nice, je me suis fait des amis. Même au club, c’était très familial, j’ai retrouvé ce que j’avais un peu à Montpellier, il est à taille humaine, tu croises les supporters à l’entraînement tous les jours, tu échanges avec eux... Franchement, c’était magnifique.

Justement, ta relation était également bonne avec les supporters.
On sait qu'à Nice, c'est chaud, et moi, ça me plait. Avec d’autres joueurs, quand on est arrivés, on a parlé direct avec eux (les supporters). On leur avait dit qu’on était des compétiteurs, qu’on se défoncerait toujours pour le club. Et on s’est toujours défoncés, on n’a jamais triché. Quand tu fais ça, on ne te reproche rien.

Avec un peu de recul, quel est le meilleur souvenir de ton passage ici ?
Le PSG à domicile. Il y avait tout.

Ton regret ?
Les blessures de Wylan (Cyprien) et Alass’ (Plea). Elles ne sont pas venues au bon moment. Ils étaient capables de débloquer des situations, sans eux, nous avons laissé des points en route bêtement, comme à Toulouse ou à Rennes.
 

"Le nouveau centre était impératif"


Le Gym vient d’inaugurer son nouveau centre...

(Il coupe et rigole) Je vous suis toujours, j’ai vu les images ! Il est beau ce centre, il y aura des conditions magnifiques pour travailler. Si tu veux avancer, c’est impératif, car tu as, par exemple, des joueurs qui doivent rester plus en salle et qui ont besoin d’un bon environnement. Même pour faire signer des gens ou pour les entraînements, c’est mieux. Avec ça, tu mets toutes les chances de ton côté.

As-tu suivi le début de saison montpelliérain ?
Oui. Cet été, Loulou nous a quittés, mais son fils Laurent connaît très bien la maison, il a baigné toute sa vie dedans. Je suis sûr qu’il reprendra très bien le flambeau. Après des résultats moyens au début, ils ont joué deux gros, Paris et Monaco, et ont fait de bons résultats (0-0 et 1-1). Contre le Gym, avec des joueurs comme St-Maximin qui vont très vite vers l’avant, ça va être encore autre chose.

On ne te demande pas de pronostic ?
Non. Mais bon, 1-1 comme l’an dernier, je prends...

Enfin qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?
Gagner le titre de champion de Turquie et me qualifier avec le Maroc pour la Coupe du Monde. Nous sommes leaders de notre groupe, il nous reste un match à disputer en Côte d’Ivoire. Et même si nous allons y aller pour gagner, un point nous suffit pour voir la Russie, on y croit. Se qualifier serait magnifique, ça ferait une sacrée échéance en fin de saison...

C.D.