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Bouillant, le "clan des Niçois" de RMC

Table ronde

26 avril 2017

Bouillant, le "clan des Niçois" de RMC

Comme l'écrit le poète, toute passion fabrique l'éternité avec de l'éphémère. Peu importe les époques, peu importe les frontières. 90 minutes suffisent pourtant à étirer l'instant. A repousser le temps. Une idée germait dans les esprits depuis quelques semaines, stimulée par un contact régulier et un langage commun : passer un bon moment avec les plus célèbres Niçois de la capitale avant le sommet entre le Gym et le PSG (coup d'envoi dimanche à 21h). La graine a fleuri lundi. Ordinateur ouvert, Alain Marschall, François Manardo et Georges Quirino se sont invités dans les bureaux du Gym sans s'y mouvoir physiquement. Expatriés à Paris et symboles de 3 générations de supporters niçois, les journalistes de RMC/BFMTV, rejoints pendant la coupure pub par Christophe Cessieux, ont écrit une parenthèse savoureuse, ouverte et close par Fabrice Mauro, speaker de l'Allianz Riviera, au verbe chaud.

De gauche à droite : Alain Marschall (53 ans, RMC/BFM TV), François Manardo (45 ans, consultant RMC/BFM TV), Georges Quirino (29 ans, journaliste football à RMC Sport), Christophe Cessieux (52 ans, rédacteur en chef adjoint. Présentateur des GG du sport)

Fabrice Mauro (speaker de l'OGC Nice) : On a reconstitué "le gang des Niçois" de RMC.
Alain Marschall
 : Exactement, le quatuor infernal pro-Niçois de RMC.

François Manardo : Plus que « pro-Niçois », Niçois tout court.

C'est pas trop dur d'être un supporter niçois à Paris ?
A.M.
Quand on sort des murs de RMC, on circule de manière anonyme. Là on n'a pas de problème. Après, j'habite à 150 mètres du Parc des Princes, donc j'évite tout signe ostentatoire.

F.M.
Moi, j'aimerais que ce soit difficile, mais on a rarement l'occasion de montrer qu'on est un supporter niçois. Sauf à un moment mythique en 97, en quittant le Parc des Princes après la finale gagnée contre Guingamp, alors que j'habitais Paris depuis 3 ans. D'ailleurs à ce propos (il sort le maillot de l'époque...)

...Ah oui !
F.M.
Ça c'est un parachute, mais on a gagné un titre avec ! J'ai un souvenir dans le métro avec tous les supporters niçois qui revenaient du Parc des Princes.

C'était mythique...
Georges Quirino
 : Moi j'ai des souvenirs un peu plus récents sur les difficultés d'être Niçois, c'était le dernier mach Paris-Nice au Parc des Princes, puisque je commente les matchs du PSG pour RMC, donc forcément, c'était un peu particulier. Je me rappelle avoir fait venir Alain à l'antenne juste avant le match pour parler du Gym. Bon, on va dire que quand il y a les buts niçois et qu'on est à l'antenne pour commenter Paris, on essaye de se souvenir qu'il faut être objectif.

A.M. J'étais juste en dessous de lui, à une dizaine de sièges. Sur le missile de Cyprien, je me lève en plein milieu de la tribune... puis je me tourne vers tout le monde et leur dis : « Désolé les gars ». Je l'ai refait un peu plus tard. Après à 2-2, inutile de dire que j'ai été chambré.

J'ai fait à peu près pareil, mais on a dû être évacués par la sécurité parce qu'on n'était pas dans le parcage. Il faisait pas bon être Niçois au Parc ce soir-là.

F.M. Lors d'une victoire dans les années 2000, moi j'étais salarié... du PSG. Je faisais le match pour le site psg.fr et je peux te dire que là, c'était vraiment très compliqué.

Parmi vous 3, qui est l'historien du club ?
A.M. C'est peut-être François.

F.M. C'est Alain.

A.M. Mon premier match j'ai dû le voir en 73, parce que je suis le plus âgé. C'était un Nice – Lyon je crois. Pour raconter une autre anecdote, ma marraine est la veuve d'Henri Hairabedian (gardien du Gym entre 1952 et 1956). A leur mariage, ma mère avait comme « chevalier servant » Vic Nurenberg... J'ai toujours baigné dans le Gym et à l'âge de 10 ans, je suis allé au stade.

F.M. Vic Nurenberg au mariage de ta maman ?

A.M. Non, ma marraine et ma mère sont cousines. Et ma marraine s'était mariée avec Henri Hairabedian, mais je n'étais pas né, c'était dans les années 50. Et là, il y avait tous les joueurs du Gym.

Lequel peut exploser quand, par exemple, Toulouse ouvre le score contre nous dimanche ?
A.M. Les 3. Mais ça dépend, si mon fils est à côté de moi, j'essaye de rester correct au niveau du langage.

G.Q. Dimanche, j'étais à la rédaction au moment du match (entre Toulouse et Nice), et on a peut-être entendu quelques noms d'oiseaux quand Corentin Jean a marqué. On essaye de rester discrets, mais c'est dur par moments dans une rédaction des sports.

Qui est, des 3, celui qui chambre le plus les Parisiens, les Marseillais ou les Monégasques (s'il y en a) de la rédaction ?
A.M. Je ne suis pas à la rédac' des Sports. Mais aux Grandes Gueules, j'ai 2 supporters du PSG qui travaillent avec moi au web et à la production, donc on a hâte d'être à dimanche. A chaque fois je me fais titiller, même si cette année ils faisaient plus profil bas.

F.M. Peut-être que c'est moi qui envoie un peu les mines. Mais comme j'ai plus souvent été côté foot que média, il ne faut pas être susceptible, donc je teste...

Et inversement, qui vous chambre le plus ?
A.M. Les 2 supporters du PSG... A chaque fois, c'est : « Profitez-en bien, on terminera devant vous. A l'année prochaine, pour que vous espériez jouer une Coupe d'Europe. Quand vous saurez tenir un résultat vous pourrez prétendre à être européen. » Ça chambre fort !

Les 2 autres : Attention, il y a le 4e larron !

Christophe Céssieux (arrivé pendant la pub du Moscato Show, qu'il anime en direct). Eh oui, on allait aussi en Populaire.

Qui sera à l'Allianz dimanche ?
(Tous en choeur, dépités) Eh non...

A.M. Je crois que j'ai répèt', mais je serai à la maison, je suis en train d'organiser une soirée avec des potes parisiens et niçois, mais on va se « textoter ».

Moi je penserai à vous, je serai sur la pelouse.
F.M. Il y en a qui ont du bol.

Votre 1ère rencontre avec le Gym ?
A.M.
Quand tu es né à Nice, tu es toujours amoureux du Gym.

C.C. Mon père m'amenait au Ray, je devais avoir 6 ans, j'avais un tout petit maillot que j'ai refilé à mon fils aujourd'hui et qui joue avec sur les terrains d'Ile-de-France.

A.M. Tu l'as gardé ?

C.C. Eh oui, mon premier maillot. Rouge et Noir, sans cube, sans rien du tout. (Il retourne en plateau). Bon allez, je vous embrasse tous et Issa Nissa !

G.Q. Gamin, j'ai toujours aimé le club. Mais le moment où je suis tombé vraiment amoureux, c'est quand en 2001, mon père est arrivé à la maison avec les cartes d'abonnement en seconde, pour assister à la 1ère saison du Gym en L1 après la remontée. A l'époque des Kaba Diawara, Olufade, Meslin... Toute la saison derrière les buts, c'est là où je me suis dit...

… Il y avait Pitau, Bigné, et L'Equipe avait titré : le bonheur est dans le pré ! Vous vous souvenez ?
G.Q. Bien sûr ! Et les grosses frappes d'Everson et de Pamarot !

L'homme aux cuisses fines...
F.M. Moi je suis né à Tunis, je suis arrivé à Nice en 81 et mon amour du foot a coïncidé avec mon amour de l'OGC Nice. Et mon 1er souvenir, c'est la demi-finale Nice-Sochaux. On gagne 2-1 après avoir mené 2-0 (et le Gym sera éliminé 2-0 au retour, ndlr)...

Votre moment le plus douloureux ?
A.M.
La finale perdue contre Nancy. J'avais 13 ans, c'était le Nancy de Platini et le beau Gym qui faisait rêver, avec des internationaux. Tu vois le Parc des Princes, en 78, tu as 3 chaînes de télévision, c'est mythique. Tu te dis qu'il va enfin y avoir un trophée, et ce tir croisé « pipeau » de Platini... J'en avais les larmes aux yeux.

F.M. J'ai eu la chance de travailler avec Michel Platini, et je lui ai parlé de ce tir, je lui ai demandé comment il arrivait à voir l'espace libre, parce qu'il ne regarde pas le but une seule fois. Et il me fait : « Bah, je sais où est le cadre, facile quoi ».

G.Q. On n'est pas de la même génération, mais moi je vais dire Nancy plus récemment, en finale de Coupe de la Ligue. (2006) Les Niçois étaient revenus 1-1 avec un but de l'autre monde de Marama Vahirua, et Nancy gagne 2-1. Je me souviens que j'étais sur la Place Masséna, devant l'écran géant - je crois que c'étaient les commentaires de RMC - et Pablo Correa qui court sur la pelouse du stade de France... Enfin, on arrête d'en parler.

S'il devait y avoir un joueur emblématique ?
F.M. (Après un mouvement de main). « The one and the only », pour moi, et j'ai eu la chance de passer 3 heures avec lui au PSG quand il avait arrêté sa carrière, c'est Daniel Bravo. Et je ne dis pas ça parce qu'on est nés le même jour.

A.M. Je l'ai vu commencer le petit Prince...

F.M. J'aurais payé pour ça ! Tu sais ce que disait Markovic, son entraîneur ? « Toi, même quand tu fais une touche, le Ray il t'applaudit ».

A.M. C'était un peu ça. Pour les joueurs emblématiques, je fais partie de la génération qui a eu la chance de voir jouer Leif Eriksson, Dick Van Dijk, Jean-Marc Guillou, Doumé Baratelli, Bjekovic. Et le stade qui faisait : « Bjeeeeeko, Bjeeeeeko, Bjeeeeeko ! »

Je l'ai vu aussi et je l'entends encore...
G.Q. Dans les joueurs qui m'ont marqué, je vais dire Valencony, parce qu'on avait gagné la Coupe de France.

Et dans l'équipe actuelle ?
F.M.
Dante. Il a été bon toute la saison.

G.Q. Wylan Cyprien. Je suis donc très triste qu'il soit blessé actuellement et j'espère qu'il va revenir rapidement en bonne santé. Mais on sent qu'il va se passer quelque chose avec ce joueur.

A.M. Le joueur symbolique que je regarde toujours avec une attention et une tendresse particulières, c'est Koziello. Quand on descend avec les copains à l'Allianz, tu te dis qu'il y a le petit Koziello. C'est un peu le symbole de cette équipe qui est heureuse de jouer, qui a le sourire et qui va bien. Il représente le collectif. On l'a découvert avec Puel, mais c'est vraiment le symbole de cette génération qui est là sur le terrain.

G.Q. Vu de Paris, la vision de l'OGC Nice a évolué. Maintenant, on est vraiment vus comme une équipe sympathique et qui aime le jeu. Tu demandais tout à l'heure si on se faisait chambrer, ben moins qu'avant. On a l'impression qu'il y a une côte d'amour.

F.M. C'est une équipe qui régale quand même. Alain, c'est le seul qui a connu l'époque où l'OGC Nice finit 2e du championnat, joue une Coupe d'Europe, Fenerbahçe, l'Espanyol de Barcelone.

A.M. Le FC Barcelone.

F.M. Oui, le FC Barcelone, éliminé par l'OGC Nice. C'est incroyable, mais personne n'en parle en France. Le Barça a été éliminé ! Si on fait un parallèle avec un club que suit très bien M. Georges Quirino, le Barça, lui, a été éliminé par l'OGC Nice. P*****, il faut le rappeler !

A.M. Eh oui. Ils en avaient pris 3 et nous, derrière, on n'en avait pris que 2...

On a souffert pendant des années. Là, c'est à nouveau l'époque où on peut marcher droit dans la rue en disant qu'on supporte le Gym. Ça fait du bien non ?
A.M. Et j'ai l'impression que ce n'est pas éphémère ! On a trop été habitués à des saisons - et on allait tous au stade quand même - où on se sauvait de la relégation, où on était dans le ventre mou... Et là, depuis que Jean-Pierre Rivère a pris le club en main, avec l'avénement de Puel et Favre, on se dit qu'on a une équipe qui, visiblement, est prête à rester dans le top 5.

G.Q. Moi j'ai du mal à réaliser. Des fois je me demande : mais qui sommes-nous devenus ?

A.M. Il nous manque un titre.

G.Q. Oui, mais on est en train de parler de la Ligue des Champions ! On va entendre peut-être la musique de la Ligue des Champions à Nice ! Ce serait dingue de voir l'écusson avec les étoiles sur le maillot...

F.M. Moi j'en pleure.

A.M. Ce dont on a besoin, nous les supporters, c'est d'arracher un trophée ! Le championnat, ce serait un rêve, mais une Coupe de la ligue ou une Coupe de France... Je me suis dit cette année, pour les 20 ans, mais non...

Je vais vous demander de prendre quelques risques. Un pronostic pour dimanche ?
F.M.
3 à 2. Ça c'est un coup à me faire enlever la tapisserie des murs chez moi. Et le PSG mène 2-1, parce qu'on est habitués à prendre le 1er but. Mais bon, moi je te dis, comme je suis d'origine italienne, même si on les écrase 1-0...

G.Q. Moi je vois un spectacle offensif. Un 3 à 3.

F.M. Il est prudent et ne veut pas se mouiller, je sais pourquoi (rires).

Si on bat le PSG dimanche soir, c'est quoi votre engagement ?
A.M. Peut-être que j'arriverai avec un maillot du Gym aux Grandes Gueules.

G.Q. Moi je poserai la question à Unai Emery, en conférence de presse – la première j'espère -, en lui demandant si Nice peut encore être champion.

F.M. Je vais refaire ce que j'ai fait quand Plea a marqué le 2 but au Parc, me précipiter sur mon balcon en plein coeur de Paris et gueuler – et j'ai un bel organe – « Allez Nice ».

J'espère que vous entendrez la clameur de l'Allianz, parce que ce sera plein à craquer, et que vous entendrez ça jusqu'à Paris.
A.M.
J'espère. On sera de tout coeur avec les copains.

F.M. J'essayerai de descendre pour les tours préliminaires de la Ligue des Champions, même s'il n'y a pas la musique.

G.Q. Attends, Nice peut encore être 2e. Tout dépendra de dimanche, mais ça va être très compliqué.

F.M. Si on est 2e... Entendre la musique de la Ligue des Champions et voir le Gym rentrer sur le terrain, je peux en pleurer.

F.M. Complètement. Il faut se rendre compte, nous on est des amoureux, pas déçus, mais expats'. Donc je peux vous dire que notre amour de l'OGC Nice, il est bouillant. Même si on a des métiers qui nous demandent d'être objectifs. C'est beaucoup de retenue. Plus c'est retenu, plus c'est fort !

C.D.

VERSION VIDEO

Pour le plaisir, vous pouvez aussi visionner l'échange avec le "clan" dans son intégralité, en vidéo.