Interview

Cardinale sur ses gardes

Installé dans le but niçois et régulier dans ses prestations, Yoan Cardinale (23 ans) incarne l'un des traits d'union entre les deux derniers sprints finaux. Alors que le Gym s'avance vers une fin de saison palpitante, le portier sort de sa surface pour mieux repartir au combat.

Yoan, alors que le championnat reprend dimanche, comment sens-tu le groupe ?
Dans un très bon état d'esprit. On est très contents des 3 premiers quarts de notre parcours. Maintenant il reste encore cette petite ligne droite. On va essayer de prendre un maximum de points pour garder cette 3e place.

Que ressentez-vous, collectivement, quand vous voyez que certains joueurs importants sont blessés ?
Sur le coup, ça met un coup derrière la tête car, en plus, ce sont des cadres. Mais on se dit aussi qu'on a un effectif assez étoffé pour les remplacer et continuer à bien jouer. En ce moment, nous avons un peu moins la maîtrise, mais nous arrivons quand même à gagner des matchs et à ne pas perdre ceux où nous sommes mal embarqués. Ça prouve qu'on a un gros groupe.


Résister quand vous êtes « mal embarqués » : est-ce la principale différence par rapport à la saison passée ?

Oui, même si ce n'est pas la seule. L'an dernier, il y a beaucoup de matchs où on n'était pas bien et où on n'avait pas su renverser la situation. Aujourd'hui, même quand tout est compliqué, nous gardons la possibilité d'égaliser. On l'a fait plusieurs fois, comme contre Caen, Rennes - où nous étions menés 0-2 et où nous sommes revenus - ou Montpellier, où nous finissons par nous imposer. C'est beau d'arriver à la 31e journée et de n'avoir que 2 défaites. Ça montre que l'équipe joue au ballon, a énormément de caractère et sait, au besoin, compenser par de l'agressivité.

Une défaite en Coupe, un nul à l'aller : cette saison, les deux premières rencontres contre Bordeaux ont été compliquées.
C'est une équipe difficile à manier, chez elle comme à l'extérieur, avec de bons joueurs. On sait à quoi s'attendre, à nous de faire le nécessaire pour avancer.

Que penses-tu de cette équipe ?
Elle est très bien revenue en 2017, leur coach a amené un nouvel élan, une nouvelle manière de jouer. Ça leur réussit plutôt bien. Ils ont gagné le dernier match avec 4 buts d'écart en en mettant 5 à Montpellier, ce qui n'est pas facile. Il faudra se méfier.

Au-delà de ce match, un calendrier solide attend le Gym lors des 8 dernières journées...
Quand on est joueur, c'est le meilleur calendrier possible ! On a une fin de championnat compliquée, mais bon, depuis le début, chaque rencontre l'est. Après, comme on le dit toujours, on ne se focalise pas sur le moyen terme, juste sur la rencontre qui vient. On pensera au reste en temps voulu.
 

"Surtout ne pas se dire que la 3e place est acquise"


Tu n'as connu que des sprints pour les places du haut en L1. Qu'est-ce que ces fins de saison possèdent de différent ?

L'année dernière, il y avait une pression supplémentaire pour tout le monde.  Quand on a joué St-Etienne ou Rennes en fin de saison, le stade était plein à craquer. Nous, dans le bus, ça rigolait un peu moins, il y avait un petit truc différent de partout. C'est toujours agréable de jouer les 2 ou 3 dernières journées pour l'Europe. Surtout quand on a de la mémoire.

C'est-à-dire ?
Il y quelques années, quand venaient les 2-3 derniers matchs, tout le monde tremblait. On avait peur que le club descende. Aujourd'hui, on a peur parce qu'on ne sait pas si Nice va réussir à rester dans les places qualificatives pour la Ligue des Champions... Il y a eu du chemin parcouru, c'est bien. Mais il faut aussi se rappeler des moments durs.

Quelle est la clef de la fin de saison ?
Pour être en haut, il faut être bon à domicile. Nous, on l'est. Ça fait quasiment un an et un mois qu'on n'a plus perdu chez nous, on laisse peu de points en route. Il faudra être intraitables sur les 4 derniers matchs à l'Allianz, tout en prenant des points à l'extérieur.

Quel est, au contraire, le piège à éviter ?
Surtout, on ne doit pas se dire que la 3e place est acquise. Pour moi, c'est le plus gros risque. On ne doit pas penser que Lyon ne peut pas revenir, car il y a encore beaucoup de points à prendre. A domicile, on va recevoir des équipes comme Nancy et Angers : il faudra absolument gagner ces duels-là pour aborder « les big matchs » dans les meilleures dispositions, être détendus et aller à Lyon sans pression, car ce serait compliqué de jouer un match capital là-bas. Même si, l'année dernière (1-1), on avait quand même su assumer chez eux, malgré la frustration de ne pas l'avoir emporté...

C.D.