Interview
Bosetti : « Le coach a 6 mois d'avance »
Moins sollicité après un mois de janvier réussi, l'attaquant est allé disputer 90 minutes avec la réserve, samedi dernier. En ouvrant le score, il a indiqué la voie à ses partenaires et prouvé, sous les yeux de Claude Puel, qu'il poursuit sa progression.
Alexy, tu es allé jouer en CFA samedi dernier...
C'est moi qui ai demandé à jouer. J'ai fait un match correct, ça m'a permis de jouer 90 minutes, sachant que je ne suis pas entré sur les trois derniers matchs. J'ai couru, j'ai pris du plaisir. Et en plus, j'ai marqué de la tête ; un miracle ! Je suis content qu'on ait gagné ce match capital, c'est bien pour le groupe et dans l'optique du maintien en CFA.
Tu as beau ne pas être entré en jeu au Vélodrome, tu étais tout sourire à la fin du match...
Evidemment, j'étais content qu'on ait gagné. Battre Marseille trois fois dans une saison, c'est énorme. Apparemment, il fallait que je devienne pro pour que le Gym vive ça (rires). On a réussi à marquer quand il fallait, on a bien géré notre adversaire. Et quand tu ne prends pas de but, c'est tout de suite plus simple...
Valentin avait l'air soulagé d'avoir marqué...
D'ailleurs, c'est grâce à moi (rire) ! Jeudi, on s'entraînait aux coups francs. Il n'arrêtait pas de se moquer de moi. Sauf que je lui ai rappelé qu'il en a inscrits autant que moi pour l'instant : zéro. Apparemment, ça l'a vexé. La suite, tu la connais...
Un grand bol d'air...
Ça fait du bien, oui. Le maintien est quasiment assuré. Et vu l'écart entre nous et les équipes au-dessus, je pense même qu'il y a encore quelque chose à faire... Ça va être difficile mais pourquoi pas ?
« Une saison de transition »
Comment considères-tu la saison ?
C'est plutôt une saison de transition. Il faut être réaliste : nous ne finirons pas quatrième tous les ans. Nous aussi, nous aurions préféré jouer quelque chose et nous qualifier pour l'Europa League. Mais il ne faut pas oublier que les quatre saisons avant la dernière, le Gym se battait pour le maintien. Il faut donc savoir rester mesuré, travailler, rester compétiteur. Nous n'allons pas être champion tout de suite mais le club grandit, petit à petit. Malgré tout,
on a vécu la Der' du Ray, l'inauguration de l'Allianz Riviera, on a battu trois fois l'OM, deux fois Lille... Il reste encore quelques gros matchs avec Bastia, Paris, Saint-Etienne, Lyon, Monaco. Nous allons encore prendre du plaisir. Il faut terminer la saison sans se prendre la tête et aborder chaque match pour le gagner.
Tu as beaucoup joué en janvier, moins ces derniers temps. Comment l'as-tu vécu ?
Comme je dois le vivre. Ce sont les choix du coach et je les respecte. J'ai effectivement joué tous les matchs en janvier, j'ai été Aiglon du mois, j'ai très bien encaissé la succession des rencontres... Depuis, il y a eu des retours et je joue moins. Mais ça fait partie du métier et je travaille, sans bruit, en espérant bientôt pouvoir enchaîner de nouveau. Pourquoi pas dès samedi ?
« Pas de souci à se faire pour Dario »
Que penses-tu de la façon dont Claude Puel vous gère, les jeunes et toi ?
Je dis souvent qu'il a six mois d'avance dans sa vision. Je lui fais entièrement confiance. Je sais - en tout cas j'espère - qu'il compte sur moi. Alors chaque jour, je travaille en attendant mon heure. C'est sa méthode et elle a déjà fait ses preuves. Le coach a su comment procéder avec des joueurs comme Hazard ou Lacazette. Si dans deux ans, j'en suis au même niveau que Lacazette, ça me va très bien !
Comment sens-tu Dario Cvitanich ?
Il est bien, il travaille bien à l'entraînement. Mais le rôle d'avant-centre est difficile. Tu es tributaire de l'équipe. Ce n'est tellement pas lui qui est moins bien. C'est surtout qu'il est le dernier maillon de la chaîne. Et quand tu joues en pointe et que derrière, ça ne tourne pas, difficile de marquer des buts... Quand tu loupes une ou deux occasions, sachant que tu n'en n'as pas 50, c'est difficile. Tu perds un peu confiance, tu prends des coups, des cartons... Mais Dario est un grand joueur. Il n'y a pas de souci à se faire pour lui.

Comment envisages-tu la fin de saison ?
J'espère qu'on va prendre du plaisir. Même s'il est quasiment acquis, il faut définitivement assurer notre maintien et jouer les matchs pour prendre du plaisir. Nous sommes loin d'être en vacances. Jeunes comme nous le sommes, nous avons aussi une grosse marge de progression à exploiter.
Y.F.
