Conférence

Mercato & ambitions : les mots de Julien Fournier

Ce vendredi, Julien Fournier a effectué un large tour d’horizon de l’actualité de l’OGC Nice face à la presse, en marge de la présentation officielle de Jordan Amavi. Avant que le Gym ne plonge dans sa seconde moitié de saison, voici les mots prononcés par le directeur du football.

Comment s’est effectué le retour de Jordan Amavi à Nice ?
J’ai rencontré Jordan, je lui ai parlé du club. Mais je me suis aussi excusé, et ce n’est pas mon habitude. Je garde un souvenir… pas douloureux, mais ça ne m’arrive quasiment jamais de ne pas être franc avec un joueur. Et je ne l’ai pas été avec Jordan à l’époque de son départ, parce que lui voulait absolument rester. On n’avait pas les moyens de le garder et on avait vraiment besoin de le transférer. Je ne sais pas si c’était un manque de courage à l’époque, mais je ne lui avais pas présenté la chose comme ça. J’ai une image qui me revenait, c’est celle de notre dernière discussion dans mon bureau. Il vient me voir en me disant : « Je veux rester, combien tu peux me proposer ? ». Je lui avais donné le chiffre et il m’a dit : « Tu n’es pas sérieux ? ». Je ne vais pas dire qu’on l’a poussé dehors, mais j’avais besoin de solder ça vis-à-vis de Jordan. C’était peut-être important pour lui d’entendre que le club, et moi en particulier, on ne s’y était pas bien pris à l’époque. Le retour d’un joueur est toujours compliqué. S’il revient, il faut que ce soit sans chose négative dans la tête. C’était important d’en parler. Je dis toujours aux joueurs qu’on passe un contrat écrit avec eux. Mais il y aussi un contrat moral, avec des engagements des deux parties. Pour reprendre des engagements avec Jordan, ça me paraissait important de faire amende honorable là-dessus. Parce que si demain, les choses ne vont pas bien et que je suis en face de lui, je veux pouvoir le lui dire. Et pour ça, il faut être crédible. Ce n’est pas une erreur, parce que si c’était à refaire, dans le contexte de l’époque, on prendrait la même décision, mais honnêtement sur la manière, je le ferais différemment. 

C’est un prêt avec option d’achat : qu’est-ce que ça veut dire de la suite ? 
On est totalement focalisés sur notre saison, la saison 2021-22. Après, quand on prend un joueur, on ne le prend jamais en se disant qu’on met un pansement quelque part pendant 4 ou 5 mois. On a toujours l’idée ou l’envie de continuer derrière. Après, il y aura nos aspirations, nos possibilités, et surtout les aspirations de Jordan. Ce sont des discussions qu’on aura en fin de saison. On a des objectifs à atteindre, il est là pour nous aider à le faire. Il a lui des objectifs personnels. On a une relation de transparence avec Jordan, la discussion aura lieu en fin de saison.  

Il y a parfois des clauses qui empêchent un joueur de jouer face à son club lorsqu'il est prêté. Est-ce que Jordan pourra jouer au Vélodrome au mois de mars ?
Oui. 

Pour évoquer le mercato, est-ce qu’Evann Guessand va rester ?
C'est compliqué de répondre sur des cas individuels. Le coach s’est exprimé sur Evann, j’avais pris soin moi aussi en début de saison de dire qu’on avait 4 attaquants, et pas 3 comme je le lisais. Evann est pétri de qualités. Je pense qu’il postule à des minutes, il est légitime. Malheureusement pour lui, il a été blessé en début de saison. Il a fait une très bonne entrée contre Lyon, a été décisif, il a fait un match – dans le contenu et le caractère – assez incroyable contre Marseille, parce que c’était un contexte difficile. Il a eu une blessure assez importante à la cheville. Ça a été compliqué pour lui les 6 premiers mois. Mais on est dans un groupe où on essaie de mettre de la compétition à tous les postes. Ça fait grandir les joueurs. 

Lucas Da Cunha (prêté à Clermont) sera-t-il remplacé ? 
Non, pas forcément. Lucas a émis le souhait – à juste titre – de pouvoir enchaîner des matchs. C’est un club qui était déjà venu aux renseignements cet été, on est certains de leur intérêt pour Lucas, donc on leur a ouvert la porte. C’est bien que nous ne bloquions pas nos jeunes joueurs. Quand notre projet est assis sur leur développement, il faut leur ouvrir la porte à un moment donné. 

« Je ne pense pas que Steve Mandanda à l'OGC Nice ce soit une bonne idée. Aujourd’hui, on a deux très bons gardiens. On est assez bien fournis au poste »

Julien Fournier

Quelle est votre position sur la rumeur Steve Mandanda ? 
Je pense que ça va trop loin. Steve, comme ça fait partie des joueurs que je connais bien et que je peux côtoyer par ailleurs, fait partie des noms qui reviennent régulièrement. Mais je ne pense pas que Steve Mandanda à l'OGC Nice ce soit une bonne idée. Aujourd’hui, on a deux très bons gardiens. On est assez bien fournis au poste.

Y aura-t-il encore des renforts ? 
On est en permanence en éveil sur la manière d’améliorer l’équipe, pas seulement pendant les périodes de mercato. Il se trouve qu’on est dans cette période, donc ça suscite des questions, car c’est là où on peut faire des mouvements de joueurs. Mais il y a plusieurs manières d’améliorer un effectif. Evann Guessand a été blessé 70% du temps en première partie de saison, son retour va améliorer l’effectif. Certains joueurs qui ont été ou blessés ou en méforme sont en train d’arriver, c’est un autre moyen d’améliorer l’effectif. C’est une lapalissade mais c’est une vérité, jusqu’au 31 janvier minuit, on est toujours en éveil. On le sera. Mais si aujourd’hui on se projetait au 1er février sans nouveau joueur, je n'en serais pas à m’ouvrir les veines en me disant que c’est une catastrophe. Je pense qu’on a les moyens d’être dans la compétition jusqu’au bout. Notre effectif est de grande qualité. Pour l’instant, avec le seul mouvement entrant qu’on a fait (Jordan Amavi, ndlr), je pense qu’on a renforcé et amélioré l’effectif. 

Quid d’Alexis Claude-Maurice ?
C’est un joueur qui a tout à fait le potentiel et le tatent pour s’épanouir chez nous, jouer et être performant. J’ai du mal à parler de cas individuels, on raisonne à l’échelle d’une équipe. Je vous répète qu’on sera en éveil jusqu’au 31 janvier. Mais l’éveil ne veut pas dire le désespoir de signer un joueur simplement pour dire qu’on l’a fait. 

Est-ce que Justin Kluivert vous surprend par ses dernières performances ?
Pas du tout. Ça fait partie des joueurs qu’on suit sur plusieurs saisons. On n’est pas surpris. Il a été blessé longuement sur la première partie de saison. Mais je n’ai pas de surprise sur son talent, son implication. Au-delà du talent qu’il a, c’est aussi un joueur d’équipe, qui travaille beaucoup pour l’équipe, c’est extrêmement positif. 

« On a identifié 4 – 5 jeunes joueurs qui, à moyen terme, ont le potentiel de performer en équipe première. Je suis plutôt optimiste »

Julien Fourner, sur la formation niçoise

Est-ce que vous attendez plus du centre de formation ? 
Autant il y a certains points dans le club où on a été performants, autant au niveau de la formation, on l’a été de manière insuffisante à mon goût. Pourquoi ? Parce qu’on a été en capacité de former des bons joueurs, mais pas assez de très bons joueurs. Jordan est un très bon joueur, il a touché l’équipe de France, a joué les Coupes d’Europe, on est fiers du fait qu’il revienne à Nice. Mais il faut qu’on soit en capacité d’en former beaucoup plus et plus régulièrement. Le niveau du club montant, par définition, ce sera de plus en plus difficile. C’est un challenge qu’on a décidé de relever et dans lequel on a une obligation de résultats. Dans les années qui viennent, on doit être en mesure d’avoir des joueurs titulaires issus du centre dans un OGC Nice qui joue la Coupe d’Europe. On a procédé à beaucoup de changements à notre retour avec Jean-Pierre Rivère (président de l’OGC Nice). Au niveau des entraîneurs, les postes sont quasiment doublés, il y a eu le retour d’anciens qui sont très jeunes - quasiment à la frontière entre joueur et entraîneur - et qui ont connu le haut niveau. On a une équipe de travail, aujourd’hui, qui permet de former des joueurs de haut niveau. On a aussi, sur le plan du recrutement, une cellule qui s’est considérablement développée sur Paris, parce qu’on sait pertinemment que beaucoup de joueurs viennent de Paris. On a aussi notre cellule sur le bassin méditerranéen. On a de plus en plus d’internationaux dans les catégories de jeunes. Ce n’est peut-être pas suffisant, mais on a identifié 4 – 5 joueurs qui, à moyen terme, ont le potentiel d’évoluer en équipe première de manière performante. Je suis plutôt optimiste. 

Êtes-vous surpris par les bons résultats de la première partie de saison ?
Je ne veux pas être prétentieux, mais ce n’est pas de la surprise. On a beaucoup travaillé, on a pris pas mal de décisions. Oui, aujourd’hui, on est à la bagarre, dans notre compétition. Mais il faut qu’on y soit jusqu’à la fin. On est à mi-parcours, on est peut-être dans les temps, mais on n’est pas arrivés. A mon avis, cette compétition, elle va être de plus en plus dure les mois qui arrivent. Il faut qu’on reste à la bagarre avec les équipes du haut du tableau. 

« Ni Dante ni nous ne nous posons la question de sa situation contractuelle »

Julien Fournier

Est-ce que c’est envisageable, aujourd’hui, de ne pas prolonger Dante ? 
Avec Dante, ça a été une affaire de contrat au début, comme avec n’importe quel autre joueur. Mais ni lui ni nous ne nous posons la question de sa situation contractuelle. Dante, il impressionne un peu plus chaque jour. Beaucoup de gens pouvaient douter de sa capacité à se relever de sa blessure. Mais être aussi compétitif que ce qu’il est cette saison… Je ne sais même pas si le terme de professionnalisme est assez fort pour lui. Il a apporté plein de réponses. Il sait et nous savons ce que nous avons envie de faire ensemble. Je pense qu’il a encore envie de jouer. S’il a envie de le faire, il continuera à jouer avec nous. Je pense que c’est un garçon qui, de toutes les manières, restera encore quelques années au club.