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Bambu : « A nous de prendre nos responsabilités  »

Interview

24 novembre 2020

Bambu : « A nous de prendre nos responsabilités »

Depuis le début de saison, on l’a vu tacler, courir, relancer, combattre, gagner et souffrir avec ses coéquipiers. Mais depuis le début de saison, on ne l’avait pas encore entendu parler. A 23 ans, Robson Bambu prend ses marques à Nice, où il est arrivé au mois de juin en provenance de l’Athlético Paranaense. Travailleur, l’international espoirs brésilien comprend de plus en plus le français, qu’il apprend tous les jours avec assiduité. Derrière son sourire 100 % auriverde se cache un caractère bien trempé. Accompagné d’un interprète, le défenseur central a affiché sa détermination avant une période décisive.

Bambu, ce match contre le Slavia est-il déjà un tournant de la saison ?
Complètement. Si on veut continuer en Europe, il ne faut pas se louper. Chose importante, on sera chez nous, même sans les supporters. S’il y a une chose qui ne change pas, peu importe où tu joues, c’est que tu dois gagner chez toi pour créer quelque chose de bien. En Europa League, deux de nos trois matchs se joueront à l’Allianz Riviera. Si nous voulons sortir des poules, nous n’avons pas le choix. Tout le monde en a conscience. Après, nous avons eu quelques cas de Covid, ce qui a un peu modifié notre préparation, mais je suis certain que nous serons prêts. C’était pareil chez eux à l’aller. Pas d’excuse, tout le monde est tourné vers le même objectif.


Quels sont pour toi les ingrédients qu’il faudra mettre pour l’emporter ?
Plus que les adversaires, c’est à nous que nous devons penser. A l’aller, il y a eu des moments où on a très bien joué, où on repartait bien de derrière, où le ballon circulait, où c’était fluide et où on les a mis en difficulté grâce à du mouvement. Et puis d’autres, malheureusement, où nous avons perdu le fil, puis souffert. Il faut rentrer sur le terrain en voulant bien faire ce que l’on cherche toujours à mettre en place : prendre la possession, harceler, gagner les duels. C’est la base de notre jeu et c’est comme ça qu’on arrivera à faire de bonnes choses.

Comment juges-tu ton début de saison ?
Il faut que je fasse mieux mais je suis quand même content de ce début. J'ai quitté le Brésil il y a 6 mois, j’arrive déjà à évoluer, à jouer, à me faire comprendre et à communiquer. J’ai un très bon ressenti, même si je dois progresser.

Pour toi, où se situe le niveau de l'OGC Nice 2020-21 ?
Des fois on se sent très bien, tout ce qu’on veut se met en place ; d’autres fois, c’est plus dur. Comme pour mon cas personnel, tout n’est pas parfait mais je trouve qu’il y a tout de même des bonnes choses. Au niveau de l’intensité, parfois ça devient compliqué en jouant tous les 3 jours. L’équipe est dans un processus d’évolution. On arrive à faire de bonnes choses, de bonnes performances, et de temps en temps, il y a un trou d’air, une baisse. Ça a notamment été le cas contre Monaco (1-2) avant la trêve. Perdre un derby, surtout comme ça, c’est frustrant, mais on n’a pas le droit de baisser la tête avec tous les beaux rendez-vous qui arrivent. Le coach met en place ses idées, on les intègre progressivement. Il faut continuer dans cette évolution.

Les gens comptent beaucoup sur toi ici : est-ce que tu le ressens ?
On attend toujours d’un joueur qui arrive, c’est normal. Mais tu sais, avant toute chose, j’attends beaucoup de moi-même. Je suis très exigeant et très confiant car je sais une chose importante : je donne toujours tout, je ne triche jamais. C’est pour ça que je suis sûr que tout se passera bien, pour moi comme pour l’équipe.

Dans le jeu, qu’est-ce que ça change de jouer à 2 ou à 3 derrière ?
Au Brésil, j’ai toujours joué à 4, donc à deux dans l’axe. C’est ici que j’ai découvert le système à 3 – ou 5 en fonction des phases de jeu. C’est nouveau pour moi, mais comme je suis un axial droit de formation, je n’ai pas ressenti trop de difficulté d’adaptation. Après, ça rejoint ce que je disais auparavant, ça fait partie de mon adaptation. Je travaille et on travaille pour avoir de plus en plus d’automatismes.

L'absence de Dante ? 
C’est un leader et en plus, c’est mon ami. Il est toujours positif sur le terrain comme dans le vestiaire. C’est un exemple de travail. On a perdu un joueur d’un grande importance, qui parle beaucoup, qui encourage tout le monde, mais la saison continue. On ne peut pas passer notre temps à répéter entre nous que ce sera compliqué sans lui. Il va falloir se battre et faire du mieux possible en attendant qu’il revienne. On travaille, c’est à d’autres d’assurer et de prendre leurs responsabilités. A moi, il m’aidait beaucoup, car on parle la même langue. Par contre, je ne peux pas être dépendant de Dante. Je parle un peu français, j’arrive à communiquer, on se comprend et on s’entend bien avec les autres. A nous de prendre le relais.

Est-ce qu’à 23 ans, tu ne te sens pas si jeune dans cette défense du Gym ?
Ça c’est certain ! L’âge n’a pas d’importance, tout le monde doit prendre ses responsabilités. J’ai un rôle à jouer, il faut que je le joue bien, que je sois performant, que je rassure les autres, que j’aide l’équipe. Pour résumer, je dois apporter un plus au groupe.

Comment abordes-tu ces 9 matchs avant Noël ?
Avec un état d’esprit très positif et beaucoup de motivation. Individuellement, collectivement, on doit répondre présent pour ne pas vivre de désillusion.

Tac au tac

Des frères et soeurs ? 
Oui. J'ai un frère et deux soeurs. 

Tes joueurs de foot préférés ?
Thiago Silva, Marquinhos et Dante.

Tes modèles dans la vie ?
Mes parents et mon frère. Ils m’ont appris les valeurs de la vie.

Le coéquipier qui t’a le plus impressionné à Nice ?
Dante, par son investissement. Et sinon, Youcef (Atal) et Hicham (Boudaoui). Ils ont été blessés cette saison, mais tu sens vraiment que ce sont des grands joueurs.

Un bon tacle ou une belle relance ?
Les deux !

Est-ce que la L1 ressemble au championnat brésilien ?
Non, vraiment pas. Ici, il y a beaucoup plus de matchs et d’intensité.

La Ligue Europa vs la Copa Libertadores ?
Ça a été une fierté de jouer la Copa Libertadores, une belle compétition. Mais là, c’est très différent. Tu joues contres les meilleures équipes, les meilleurs joueurs. J’ai senti cette différence de niveau dès le premier match contre Leverkusen (défaite 6-2).

La vie à Nice ?
J’adore. Je me sens très bien, je suis heureux. J’ai un peu visité avant le confinement. Depuis, nous sommes à la maison avec ma mère, qui m’a accompagné ici.

Ton objectif cette saison ?
C’est ma première année ici, je veux la réussir. Et pour aller un peu plus loin, j’aimerais laisser mon nom dans l’histoire du club.

L’objectif de l’équipe ?
Sortir des poules d’Europa League, car c’est l’actualité du moment. Puis enchaîner par des victoires, parce plus tu gagnes, plus tu es bien, plus tu veux gagner et aller haut. C’est un cercle vertueux avec un point de départ : la victoire.

Ton match que tu as préféré cette saison ?
Il y en a deux : Lille (1-1) et Beer-Sheva (1-0).

Un mot pour les supporters ?
J'ai seulement pu jouer à huis clos ou devant 1000 supporters pour l'instant. J’ai hâte de les voir nombreux à l’Allianz Riviera pour qu’on passe un bon moment, que le stade soit plein et qu’on célèbre une belle victoire tous ensemble.

C.D.