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La lignée des doyens

Club

19 octobre 2020

La lignée des doyens

Ce dimanche un Monsieur du Gym a fêté son anniversaire sur la pelouse de Saint-Etienne : Dante. Modèle de professionnalisme et de longévité, le capitaine est entré ainsi dans le cercle fermé des doyens du Gym. Il est devenu le 7ème joueur de 37 ans à porter les couleurs rouge et noir au plus haut niveau. Voyage généalogique.

Réussir est une chose, durer en est une autre, peu importe les époques et les passions. Ecole de la vie et témoin de son temps, le football illustre cette dichotomie. Il lui offre même une dimension d’urgence terrible et sublime, en transformant des trentenaires en retraités, à l’âge où tout reste à faire. Si le talent et les pieds permettent de percer, c’est bien le labeur et la tête qui inscrivent les hommes dans la durée. Dante l’a parfaitement résumé dans la semaine. Il en donne l’exemple tous les jours. A 37 ans, donc, le Commandant poursuit sa route, exigeant, mettant toutes les chances de son côté pour prolonger une passion qu’il a transformée en métier. Avant lui, 7 autres Aiglons en firent de même en 116 ans d’histoire.

3 dans les années 2000. Autre capitaine, autre guerrier, autre chevelure, autre défenseur, José Cobos a lancé le millénaire. Charpente d’un Gym en reconstruction, l’actuel délégué aux événements sportifs de la Ville de Nice, formé à Strasbourg, passé par Paris, l’Espanyol et Toulouse, est allé au bout des choses avec les Aiglons. Avec 192 matchs de 1999 à 2005, une remontée, plusieurs maintiens, il a tiré sa révérence à 37 ans, 1 mois et 5 jours, puis basculé sur le banc, comme entraîneur adjoint, avant de s’orienter vers une nouvelle voie.

Peu après, Lionel Letizi s’est également arrêté à 37 ans, et même aux portes de sa 38ème année (37 ans, 10 mois et 22 jours). Formé, lancé en pro au Gym, devenu international après des années à Metz, Paris et une expérience aux Rangers, Lio’ a bouclé la boucle à Nice de 2006 à 2011, avant de devenir entraîneur-adjoint, puis de prendre en charge les gardiens du centre de formation.

37 ans (8 mois et 2 jours), c’est également l’âge où Olivier Echouafni a raccroché les crampons, après 7 années et 230 combats dans l’entrejeu rouge et noir.

Ernö, Numa : les intouchables

1 autre joueur légendaire a porté le maillot orné de l’Aigle après avoir soufflé sur sa 37ème bougie : Ricardo Zamora (saison 1937-38). Star absolue de l’équipe d’Espagne (46 sélections), le gardien de but a fait les beaux jours des plus grands clubs ibériques durant sa carrière, portant les couleurs du FC Barcelone, du Real Madrid, de l’Espanyol, ainsi que le brassard de l’équipe nationale. Vice-champion olympique en 1920, il est arrêté durant la Guerre Civile espagnole, 16 ans plus tard.

A sa sortie de prison, il a choisi l’exil, la France et l’OGC Nice, où évoluait son ami Josep Samitier. Le Gym était alors en D2. L’international y a occupé la fonction d’entraîneur-joueur durant la saison 1937-38, avant de retourner en Espagne et d’entamer véritablement une carrière d’entraîneur.

Mais deux hommes sont allés encore plus loin. Au-delà du mur de la quarantaine et au-delà du demi-siècle. Né en Hongrie naturalisé français, le gardien Ernö Nemeth a terminé son parcours au Gym, de 1937 à 1943. Mais il l’a étiré encore plus loin, puisqu’il a disputé son dernier match… 20 ans après sa retraite. Quel match ? Un derby face à Monaco, en Coupe de la Ligue, perdu (5-1) le 11 septembre 1963. Lorsqu’il enfila les gants, Ernö avait alors 57 ans !

C’est à près de 55 ans (54 ans, 11 mois et 22 jours) que le légendaire Numa Andoire a effectué sa dernière apparition sur le pré. International, entraîneur ayant conquis les 2 premiers titres de champion du club (1951, 1952, année où il fit le doublé championnat – Coupe de France), il a démissionné pour des raisons de santé en 1953, avant de revenir aux affaires 9 ans plus tard (saison 1962-63). Le 10 mars 1963, en grande difficulté avec son effectif, privé de ses joueurs à l’armée – qui n’ont pas été libérés -, Numa l’éternel a quitté le banc et pris ses responsabilités, en démarrant un match de Coupe Drago contre Aix-en-Provence au poste d’ailier gauche. Pour l’anecdote, le Gym fit bonne figure mais perdit ce match sur la plus petite des marges (1-0).

Constantin Djivas
Statistiques : Michel Oreggia