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Cyprien met « les points sur les i »

Interview

14 février 2019

Cyprien met « les points sur les i »

Il est des moments « langue de bois » où le sens compte moins que la présence et où « le métier se fait » sans que les mots ne fassent vibrer. Et puis il est d’autres périodes où le bois se fend et la roue se libère. Dimanche dernier, au sortir de la victoire décrochée au nez et à la barbe des Lyonnais (1-0), Wylan Cyprien s’est retrouvé dans le second cas. Habitué au « parler franc », le milieu des Aiglons a profité d’une réaction « classique » d’après-match à notre micro pour porter un regard d’ensemble sur la période traversée par le Gym. 

Wylan, que t’inspire ce succès contre Lyon ?
C’était une bonne soirée et au vu des autres résultats, les 3 points étaient importants. Dans un coin de nos têtes, on avait tous envie d’aller chercher cette victoire. Ce qui me rend fier, c’est la manière. Chaque chose a été faite avec abnégation, solidarité, tout le monde a fourni beaucoup d’efforts pour les autres.

Quand je regardais à ma gauche Walter, à ma droite Tameze, derrière  moi Benitez, devant Ganago, je sentais de la solidarité et du soutien. Nous étions tous dans ce cas. C’est comme ça que j’aime mon OGC Nice. Nous avions vraiment envie de montrer que le match à Lille était un accident et pas un manque d’envie ou de détermination. C’était la meilleure réponse qu’on pouvait apporter. On a « remis les points sur les i ». 

Comprends-tu que certains observateurs et supporters aient pu ressentir "un manque d'envie" lors de la défaite chez les Dogues (4-0) ?
Non. Qu'on puisse imaginer qu'on n'a pas tout donné, ça touche. Je suis rentré chez moi, j’étais dégoûté du match, j’avais des crampes,... Cette défaite a été mal perçue parce qu’on en a pris 4 et que dans les replacements et les courses, on n’a pas su donner le meilleur de nous-mêmes. Mais on reste des humains, il y a des jours où les jambes sont lourdes et où elles ne répondent pas, même si la tête en a envie. Je ne connais personne dans son métier, footballeurs, politiciens, policiers, arbitres, architectes… qui fasse exprès d’être mauvais. Nous pensions et nous voulions bien faire à Lille. Seulement des fois, ça ne passe pas. On est conscients que sur ce match, on a été nuls. 

Les critiques font partie du jeu. Après coup, je suis reparti au combat, comme toute l’équipe. On a bossé comme des malades pour ne plus revivre ça. Contre Lyon, ça a porté ses fruits. Mais contre Lyon, il y avait les jambes.

Passer d’une baffe à un beau succès en une semaine peut paraître déconcertant : quelle explication peux-tu donner à ce « yoyo » ?
Le groupe est très jeune et manque d’expérience. Ganago (20 ans) débute en L1, Allan (21 ans) est super fort mais il est encore jeune, Myziane (20 ans) pareil. Moi, malgré le fait que j’ai pas mal de matchs au compteur, je n’ai que 24 ans, Rémi 24, Adrien 25... Quand tu regardes bien, la moyenne d’âge n’est pas très élevée.

Comme nous n’avons pas plus d’expérience que ça, nous compensons par la hargne, la détermination, beaucoup de courses et de dépenses physiques. Du coup, tout est un peu aléatoire car notre état de fraîcheur influe beaucoup sur nos résultats. Des fois, tout se passe bien, d'autres fois on pourrait mieux gérer mais on a du mal à le faire. Ça peut être compliqué mais dans tous les cas, on ne triche jamais. Peu importe l’adversaire, on est à bloc. 

« à nous de faire les petits filous »

Comment sens-tu la fin de saison ?
Je ne suis pas un rêveur mais j’ai des objectifs. Je sais où je veux aller et où je veux que l’équipe aille. Avec notre qualité et notre solidarité, on peut surprendre pas mal d’adversaires et battre n'importe qui.

A part Paris, le championnat est très serré. Il y a et il va y avoir des coups à faire. On n’est pas attendus, à nous de faire les petits filous, de grappiller des points, de jouer les outsiders et, pourquoi pas, de finir le plus haut possible, là où personne ne nous attend.

Contre Lyon, tu as passé la barre symbolique des 100 matchs en L1. Qu’est-ce que ça te fait ?
Ça me rend fier. Quand j’ai commencé, il y a 5 ou 6 ans (le 28 janvier 2013, avec Lens, contre Dijon, ndlr), jamais je n’aurais imaginé être à mon 100e match de L1 à 24 ans. Quand on cumule L1 et L2 (où il comptabilise également 69 matchs), ce n’est pas mal… mais ce n’est pas une fin en soi. J’ai envie d’aller encore plus loin, de jouer encore plus et, surtout, d’être bon. Quand j’ai été blessé, j’ai passé de longs mois loin des terrains, je sais ce que ça fait d’être sur le côté, donc je profite à fond de chaque match.

Dimanche dernier, deux jeunes joueurs ont effectué leurs premiers pas en pro : Maxime Pélican et Paul Wade. Quels conseils « Wylan l’ancien » peut leur donner ?
Tous les deux ont beaucoup de qualité. Paul est encore très timide, mais je suis sûr que dans les années à venir, ce sera un maillon fort de l’OGC Nice. Qu’il continue à travailler et qu’il ne se prenne pas la tête avec tout ce qu’il y a autour. Pareil pour Maxime, qui lui est moins timide (sourire). Il a déjà démontré en N2 que c’était un buteur-né. Son apport va nous faire du bien, que ce soit aux entraînements ou quand il rentre. A l’avenir, il doit garder son insouciance. A nous d'aider les jeunes. On les aime et on les chouchoute comme s'ils étaient nos propres enfants.