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Malaspina : « Le temps passe si vite... »

U19

12 octobre 2014

Malaspina : « Le temps passe si vite... »

Entraîneur des U19 Nationaux pour la troisième saison consécutive, Thierry Malaspina revient sur l'entame de son équipe et en dessine les perspectives. Entre formation, championnat... et Gambardella.

Le début de saison des U19 ?
Il est à deux facettes. En six journées, nous avons effectué quatre bons matchs et craqué deux fois. Nous avons battu Lyon (1-3) et Furiani (4-0) avant d'exploser à Clermont (5-1). Nous nous sommes repris contre Ajaccio (4-0) puis à Nîmes (0-0) avant de passer totalement à côté de la réception de Cannes (0-3). Comment l'expliquer ? Sûrement par un manque d'humilité. Nous n'avons pas mis les ingrédients dans le derby, nous avons peut-être pris notre adversaire de haut. Et cela n'a pas pardonné. Ce début de saison est satisfaisant par le jeu, les intentions, la maîtrise sur certains matchs. Mais il est catastrophique sur deux matchs. Il faut rectifier cela.

Comme aux étages supérieurs, tu as expérimenté le 3-5-2. Les atouts de ce système ?
A la base, c'était une parade à la blessure de plusieurs défenseurs de couloir. Ce système nous permet de presser haut, d'amener une grosse densité de joueurs. A l'inverse, tu peux être pris dans le dos, sur les couloirs. C'est une corde de plus à notre arc. Nous avons mis ce système en place et sommes désormais capables d'en utiliser plusieurs. C'est aussi ça, la formation.

L'essentiel des U19 niçois nés en 1996 évoluent déjà en CFA, voire en pro. Qui compose donc ton groupe ?
A l'entraînement, mon groupe est composé de 16 joueurs. Une majorité de garçons nés en 1997, trois en 1998 et quelques 1996 qui ne sont pas, à ce jour, en mesure de s'entraîner avec la CFA. Maintenant, nous attendons l'avénement des autres joueurs de la génération 1998, qui engrangent de l'expérience et se forgent actuellement un mental avec les U17.

La catégorie U19, un genre de "réserve de la réserve" ?
C'est un peu ça, oui. La passerelle entre les U17 et la CFA. Plus encore à l'OGC Nice où le coach Puel n'hésite pas à faire appel aux jeunes. Nous recherchons toujours à promouvoir les jeunes vers les catégories supérieures.

« former des joueurs et des hommes »

Pour toi, qu'a changé la nomination d'Alain Wathelet à la tête du centre de formation ?
Je connais Alain depuis 35 ans. Nous avons d'excellents rapports avec lui, comme j'en avais avec Manu Pires, son prédécesseur. Sur le terrain, les deux personnes se ressemblent. Nous travaillons bien. Nous restons inscrits dans le projet du club, dans sa philosophie. Dans ce que le coach Puel demande à toutes les catégories : jouer au ballon, ressortir proprement, construire, progresser... Et l'avantage, c'est que nous n'avons aucune pression liée à la compétition, si ce n'est l'impératif du maintien. Notre seule pression : continuer de former des joueurs et des hommes.

Comparé à ceux de l'équipe fanion, à quoi ressemblent les séances d'entraînement des jeunes ?
Aujourd'hui, un U19 qui monte chez les pros ne sera pas surpris par les exercices proposés ; les nôtres sont déjà calqués dessus. Mais il le sera par la qualité, la maîtrise et la vitesse d'exécution des pros. C'est là que se situe le fossé.

Petit à petit, le Gym se fait une réputation de club formateur. Pour les éducateurs, s'agit-il d'une pression supplémentaire ?
C'est surtout une chance. Nous travaillions depuis quelques années. Puis la Gambardella, et surtout l'arrivée du coach Puel, ont mis ce travail en lumière. Les gens ont commencé à réaliser que Nice commençait à avoir de bons jeunes.

« Un maximum de forces vives pour la Gambardella »

La Gambardella 2015 ?
Cette saison, à la différence des deux précédentes, je pense que je pourrai bénéficier de tout l'effectif U19. Excepté Neal (Maupay) et sauf problèmes d'effectifs, tous les jeunes seront à la disposition des U19. Ça ne veut pas dire qu'on va gagner, mais on mettra tout en oeuvre pour avoir le maximum de nos forces vives. Or, sans me dédouaner, ce n'était pas le cas les saisons précédentes. Il y a deux ans, la réserve jouait la montée en CFA. Et l'an dernier, son maintien. Même si de toute manière, nous n'aurions pas dû perdre à Saint-Priest (aux tirs au but, ndlr). Cette année, nous aurons une autre chance : il n'y aura pas de journée de CFA lors des deux premiers tours de Gambardella.

Ce titre, une émotion que tu veux revivre ?
J'ai vécu la dernière de l'intérieur. J'étais l'entraîneur des gardiens de buts – Mouez Hassen et Yoan Cardinale – et je coachais les U17 avec Manu Pires. Lui, Guy Mengual et moi avions fait équipe pour suivre cette Gambardella et nous avons vécu des émotions exceptionnelles. D'une intensité rare. Les premiers tours ont été compliqués puis il y a eu le derby contre Monaco, en huitième. En tant que vieux et vrai Niçois, j'ai aperçu un monde incalculable au Complexe de la Plaine. Il y avait Didier Digard, René Marsiglia, Eric Roy... Tout le club était présent. Les gamins ont compris qu'il s'agissait de quelque chose de grand. Et la victoire finale a constitué l'apothéose.

La formation, c'est aussi l'éclosion des individualités. Où en êtes-vous ?
On dit souvent que si nous sortons un voire deux pros par génération, c'est déjà très bien. Depuis les 93, il n'y a eu plus qu'un ou deux joueurs. Mais en 1997, Paulin Puel et Olivier Boscagli s'entraînent régulièrement avec les pros. Et je pense qu'Antony Ranieri a les moyens de faire quelque chose. Qui seront les suivants ? Qui pourra-t-on emmener ? On le découvrira au fur et à mesure.

« Tu as beau être le plus talentueux... »

Dans un centre de formation qui attire aujourd'hui la crème des alentours, qu'est-ce qui fait la différence entre celui qui réussit et celui qui échoue ?
Le mental, l'état d'esprit, l'application, la concentration. L'écoute du staff sportif, du staff médical, de tout un club. Si tu n'es pas sérieux, tu ne passeras pas. Tu as beau être le plus talentueux, si tu ne fais pas l'entraînement invisible, ce sera très compliqué de passer. Surtout à l'OGC Nice. Je pense être bien placé pour en parler car je n'étais moi-même pas très sérieux dans ma jeunesse. Avec le temps, tu réalises que ce que te disent les plus vieux est important. Le temps passe si vite... Une séance d'entraînement loupée ne se rattrape pas.

Le nouveau centre d'entraînement ?
J'ai vu la première pierre de l'actuel. Je l'avais attendu. Et maintenant, je languis le nouveau. C'est le dernier outil dont l'OGC Nice a besoin pour grandir encore. Il nous permettra d'améliorer nos séances d'entraînement, d'avoir une relation plus élaborée encore avec le reste du club. 

Pour revenir à la compétition, la prochaine échéance ?
Dimanche prochain, nous nous rendons à Béziers. Un adversaire hyper agressif, redouté par les autres. J'attends une révolte dans l'état d'esprit, comme après Clermont. Nous allons ensuite commencer à jouer les gros centres : Toulouse, Bastia, Marseille, Montpellier, Saint-Etienne, Monaco... De quoi y voir plus clair. Pour la suite, l'appétit viendra en mangeant. Et avant tout, j'espère voir progresser les garçons.