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N2 : le bilan de Laurent Bonadei

Le bilan des jeunes 2018-19

June 12, 2019

N2 : le bilan de Laurent Bonadei

Eprouvant mais formateur. C'est ainsi que l'on pourrait qualifier l'exercice 2018-19 de la réserve niçoise, reléguée en National 3. Les tournants du championnat, les passerelles avec le groupe de Patrick Vieira, la mise en place d'une philosophie de jeu commune ou encore les prochains objectifs : voici les thèmes abordés par Laurent Bonadei dans son bilan de la saison.

Laurent, quel est votre bilan de l'exercice écoulé ? 
C’était une saison difficile. En tant que compétiteur, il y a la frustration de ne pas avoir réussi à maintenir cette équipe en National 2. C’est la première fois que ça m’arrive et c’est une expérience très dure à vivre, une grosse déception. Ce constat est nuancé par le fait que beaucoup de jeunes ont pointé le bout de leur nez avec les pros. C’est ma satisfaction en tant que formateur. La relation avec Patrick a été très franche. Il a ouvert les portes aux jeunes : tous les joueurs de mon effectif se sont entraînés avec le groupe fanion. Ils ont tous eu l’opportunité de se montrer, et de faire valoir leurs qualités. Patrick a ainsi pu les juger, et évaluer leur potentiel. Et il en a lancé beaucoup dans le grand bain. Dans une philosophie de club qui se veut formateur, le travail a été fait à ce niveau.

Ces montées avec les pros ont-elles affaibli votre équipe ?
Non, il ne faut pas chercher d'excuse. Nous avons eu des opportunités pour faire de meilleurs résultats. Nous avons manqué d’expérience, mais c’est le lot de toutes les réserves. Le regret, c'est qu'il nous a manqué Ibrahim Cissé, qui n’est apparu que début février et n’a pu jouer que 6 matchs sur les 30 possibles. Cela aurait été bien d’avoir la possibilité de le faire jouer avant. Il a des qualités et beaucoup de points à améliorer, mais sa présence athlétique notamment nous aurait permis d'être plus costauds défensivement, et d'avoir un meilleur équilibre.

Quel a été le tournant du championnat ? 
Il y en a eu plusieurs. Le premier, c'est après notre victoire 4-0 à Monaco. Alors qu'on est sur une bonne dynamique, on perd notre locomotive devant, Maxime Pelican, pour 3 mois. On a ensuite dû batailler sans lui, et c'était difficile.
Le deuxième se situe à la reprise. Après une bonne préparation hivernale, on joue à Jura Sud, alors leader. On mène 1-0 et on manque des balles de 2-0, avant de concéder un pénalty à 5 minutes du terme. Et on rate ensuite la balle du 2-1 ! On ne fait que match nul après avoir produit beaucoup d’efforts. C’est dommage car nous aurions amorcé notre sprint final de la meilleure des manières. 
Le dernier tournant, c'est 
lors de l'enchaînement de matchs contre Fréjus (3-3), l'Athlético Marseille (3-2) et Toulon (3-2), où on ne prend qu’un point alors qu’on montre qu’on a le niveau contre de gros adversaires.
Lors de ces 3 virages, nous avons raté l’opportunité d’enchaîner des victoires et de gagner de la confiance comme nous l’avions fait il y a 2 ans. Nous ne sommes pas parvenus à accrocher le wagon, ce qui a été difficile psychologiquement car les jeunes avaient le sentiment d'y être presque, mais nous n’y étions pas.

 

« Tes gamins vont apprendre pour toute leur carrière »


Malgré tout, apprend-on de ce genre d’expérience ?

C’est ce que me disait tout au long de la saison Guy Lacombe, mon tuteur (voir encadré ci-dessous). Il m’a beaucoup soutenu et me disait : « C’est une saison difficile mais tes gamins vont apprendre pour toute leur carrière ». Même pour moi en tant que coach, c’est une expérience difficile à vivre mais intéressante pour le futur. On agit pour qu'à l'avenir, le négatif ne se reproduise pas.

Cette saison, vous avez aussi initié un plan de jeu commun à toutes les catégories. Pouvez-vous nous expliquer ce projet ? 
Le club m’avait demandé en février-mars 2018 de prendre la responsabilité technique du centre et de donner un coup de main à Alain Wathelet. Nous avons mis en place tout un projet, en travaillant main dans la main avec les différents staffs, avec qui nous avons conçu des entraînements communs. Nous avons débuté en 4-3-3 car ce système correspond à notre philosophie de jeu, avec du pressing. Ça a été mis en place avec plus ou moins de succès dans les différentes catégories. La satisfaction, c'est que nous avons été assez performants sur le plan offensif. Le principe était de travailler sur un système en première partie de saison et sur un autre sur la phase retour (3-5-2). Ce sont des choses que nous allons revoir à l’avenir. C’est peut-être mieux d’aborder 2 voire 3 systèmes au début, et de naviguer de l’un à l’autre tout au long de la saison, sans être figé.

Pourquoi avoir choisi le 4-3-3 puis le 3-5-2 ?
Nous sommes toujours à la recherche de création. Nous cherchons également à nous adapter au football moderne, fait de transitions rapides, tout en restant fidèles à notre philosophie de jeu, basée sur la possession. Le football évolue et nous devons nous adapter pour permettre à nos joueurs d’être performants le moment venu. Au départ, nous avions prévu d'évoluer uniquement en 4-3-3. Mais quand on a vu que Patrick Vieira avait adopté une défense à 3, nous avons fait évoluer notre projet, pour faciliter l’adaptation des jeunes joueurs. En collaboration avec tous les membres de la formation, nous avons réfléchi à différentes choses pour animer ce système. Puis nous avons eu une réunion technique avec Patrick, qui nous a expliqué son travail et ses attentes.

« Le National 3, pas une partie de plaisir »

Quels objectifs vous êtes-vous fixé pour la saison prochaine ?
L’objectif premier, c’est toujours de former. Après, c’est de remonter pour proposer le niveau de jeu le plus élevé possible à nos joueurs. Attention, le championnat de National 3 est très difficile. Laval et Nancy, qui possèdent des bons centres de formation, descendent de National 3 en régional. C’est également arrivé à Metz et même Marseille récemment. Il ne faut pas croire que ce sera une partie de plaisir, dans ce championnat mêlant des équipes du Sud-Est et de Corse. Nous devrons obtenir des résultats par la qualité de notre jeu, notre enthousiasme et nos qualités de compétiteur. Il va falloir réaliser un très bon de début de saison pour surfer sur une dynamique positive et pousser nos joueurs vers la performance.

La date de reprise est-elle fixée ?
Oui, ce sera le 8 juillet. Nous allons ainsi disposer de 6 semaines de préparation avant la reprise du championnat.

Savez-vous comment sera constitué votre groupe la saison prochaine ?
Nous sommes toujours en attente des allers-retours. Des joueurs sont en "post-post-formation" : ils se sont entraînés avec les pros et côtoient le groupe professionnel depuis quelques années. Ils peuvent avoir la volonté d’être prêtés, comme ce fut le cas, avec succès, de Romain Perraud (Paris FC), Olivier Boscagli (Nîmes), Saïd Benrahma (Châteauroux) ou Gautier Lloris (Gazélec Ajaccio) récemment. Certains ont aussi le potentiel pour intéresser des clubs de Ligue 2 ou de National. Ca leur permettra d'acquérir de l’expérience.

C.D. / F.H.

L'info en + : Bonadei diplômé du B.E.P.F.

En fin de saison, Laurent Bonadei a validé le brevet d'entraîneur professionnel de football. « C'est une étape importante, souligne le coach de la réserve niçoise. J’ai été joueur et je suis formateur depuis 16 ans. J'ai toujours eu envie de mettre en place, un jour, mes idées avec une équipe première. Ce diplôme permet de garder certaines portes ouvertes. S’il y a une belle trajectoire dont j’aimerais m’inspirer, c’est celle de Jean-Louis Gasset, qui a été formateur, puis entraîneur et enfin adjoint, avant de mettre en place toute son expérience avec Saint-Étienne en fin de carrière. Je ne fais pas de plan de carrière, mais c’était important de passer ce diplôme pour acquérir plus de compétences et d’expertise ».