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Sur les traces de Myziane

Portrait

18 septembre 2018

Sur les traces de Myziane

La bouille est souriante, polie. Le discours pesé, posé sur un fil. A 19 ans, Myziane est le nouveau visage de l’attaque rouge et noir. Sur son front, l’espérance du futur ; dans ses jambes, le feu du présent ; derrière lui, un parcours supersonique : voyage sur les traces de notre numéro 26.

Myziane voit le jour à Paris, le 14 février 1999, une date où, chaque année, les amoureux s’embrassent en l’honneur de Valentin. Pourtant c’est un tout autre saint que le petit bonhomme honore dès ses premiers pas. Un saint circulaire qui se frappe, se cajole, se parle sans parole, se dévore, s’adore. Un saint qui le fera grandir très vite et partir très tôt. A Antony, en banlieue parisienne, le titi d’origine comorienne pousse dans "les grands ensembles" et chausse ses premiers crampons. A 8 ans, sa famille met le cap sur Boulogne, à 17km de distance, et le futur attaquant prend sa licence à l’AC Boulogne Billancourt, l’un des très gros clubs amateurs du bassin francilien (et de l’hexagone).

Premier départ et premier tournant pour un garçon décrit comme « très discret, méfiant, travailleur, à l’écoute et doté d’un fort caractère », par Gilles Bibé, l’actuel directeur sportif et responsable du recrutement de l’ACBB. Ce dernier l’entraîne en U11, puis en U12, le suit avant son départ à Lyon et, au fil des saisons, ne perdra jamais le contact. Ni avec Myziane, ni avec les siens. « Je parlais encore avec sa maman il y a peu, car le petit frère joue toujours chez nous, avec l’équipe 1 des U15 », précise le formateur, avant d’expliquer l’éclosion du phénomène par la solidité de son cocon. « Les qualités intrinsèques se voient tout de suite, mais comme je dis souvent aux parents, la vérité de 12 ans n’est pas celle de 18 ou 19. Le gamin peut être en avance, mais pour passer le cap, c’est l’entourage qui fait la différence. Myziane est bien entouré, notamment par sa mère, qui a énormément travaillé pour que ses enfants vivent bien et que ses fils puissent jouer tranquillement au ballon ». Une "maman-poule" à qui le prodige reste attaché comme à un rocher, y compris lorsqu’il largue les amarres. 8 ans après son arrivée, l’enfant quitte Boulogne en ado : direction Lyon (partenaire de l’ACBB) et son centre de formation.


Gérard Bonneau, (qui l’a recruté à Lyon) : « Un profil à la Martial et Rémy »


« J’avais eu l’info qu’il y avait un jeune intéressant à l’ACBB, alors j’ai demandé à Patrice Girard, qui travaillait avec moi, d’aller le voir. Il y est allé, ça n’a pas traîné ». Au bout du combiné, Gérard Bonneau ne tergiverse pas : « J’ai tout de suite été emballé », tranche l’ancien responsable de la cellule recrutement de l’académie de l’OL (passé 1 an et demi par les pros), qui officie désormais au Servette Genève.

Conquis, ce « chercheur d’or » ne tarde pas à attirer la pépite, et voit en elle « du Martial ou du Rémy :  fluide dans les courses, intelligent dans ses déplacements et pourvu de qualités techniques au-dessus de la moyenne. Myziane peut jouer aux 3 postes de l’attaque, mais pour moi, son avenir s’écrit plus dans l’axe. Un endroit où il est toujours difficile de s’imposer à l’OL... ».

L’homme reste attentif à l’explosion du garçon. Une explosion silencieuse. « C’est quelqu’un de réservé et d’une grande gentillesse, poursuit-il. On voudrait qu’il soit tout le temps communicatif, mais ce n’est pas son style et ça peut parfois passer - à tort - pour de la nonchalance. C’est un joueur à l’écoute, il travaille beaucoup et préfère s’exprimer sur le terrain ». A Lyon, il gravit tous les échelons et s’entraîne rapidement avec l’effectif pro. En parallèle, il fait partie de toutes les équipes de France de jeunes, et y empile les réalisations (16 en 42 rencontres).


Malang Sarr : « Un ami, un super mec et un super joueur »


D’une complexion élancée, Myziane glisse sur les saisons avec vitesse et légèreté. Paraphe son premier contrat professionnel le 25 mai 2016 ; débute en L1 le 5 août 2017 (contre Strasbourg)  ; touche à l’Europe le 28 septembre (contre l’Atalanta) ; inscrit son 1er but dans l’élite le 26 novembre (face au Gym)… Il se taille une place dans un vestiaire peuplé de grosses individualités et, en 2017-2018, participe à 22 rencontres (toutes compétitions confondues). Mais commence à manquer d’air : « Il a toujours été pressé, même petit, rappelle Gilles Bibé. Et à un moment, il a ressenti le besoin de gagner du temps de jeu ». « Il faut qu’il ait confiance, car maintenant il va pouvoir enchaîner et s’exprimer, renchérit Gérard Bonneau. Nice a l’air de beaucoup compter sur lui. Qu’il joue libéré et qu’il écoute les conseils du coach, ça va le faire... »

Effectivement, le Gym compte sur un élément qu’il suit « depuis des années », dixit le président Rivère, flaire la bonne affaire et passe à l’action. Le 13 août 2018, Myziane devient Niçois. « C’est un plaisir de retrouver un ami, un super mec et un super joueur », sourit Malang Sarr, camarade et capitaine de sélection.


« J’adore son attitude, il travaille beaucoup, aime attaquer l’espace, est très bon en un contre un, percute, marque des buts, salue pour sa part Patrick Vieira. Il n’a pas eu la réussite escomptée lors de ses premiers matchs avec nous, mais en continuant à travailler comme ça, la réussite va tourner à un moment ou à un autre. Je l’encourage à continuer dans cette voie car il a vraiment du talent ».

Du talent, de l’allant, et l’envie de prendre de la vitesse. Encore et encore...

C.D.