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Garde rapprochée

Table ronde

11 juillet 2018

Garde rapprochée

Ils forment la garde rapprochée de Patrick Vieira. Les 5 piliers, le nouveau staff. Pour l’heure, deux (Kristian Wilson et Matt Cook) s’expriment en Anglais. Un en plusieurs langues, dont le Français (Christian Lattanzio). Les deux autres (Fred Gioria et Lionel Letizi) font partie des meubles de l’institution rouge et noir. Tous respirent néanmoins le même football et se comprennent au-delà des mots. Unis, ils ont fendu la nuit divonnaise, entre deux réunions, pour prendre la parole d’une même voix. 

Christian, Kristian, Matt, première question : vous connaissez-vous depuis longtemps tous les trois ?
Christian Lattanzio : Oui. Et avec Kristian, depuis encore plus longtemps. Quand j’ai commencé à Manchester City, Patrick jouait encore, je travaillais dans le staff de Roberto Mancini. Dans ce staff, il y avait Attilio Lombardo, il a pris la deuxième équipe de City, j’étais son adjoint et Kristian travaillait avec nous. Puis Patrick a repris cette équipe réserve au départ de Roberto (2013). Quand il a commencé son parcours d’entraîneur, il a eu la possibilité de prendre le staff qu’il voulait, et il nous a choisis. Nous sommes ensemble pour la 7e année, après 3 ans avec les U21 de Man City et 3 ans à New York City. Avec Matt et Kristian, on se connaît très bien. C'est facile de travailler avec eux.

Quels sont vos sentiments après cette arrivée au Gym ?
Kristian Wislon : Je me sens privilégié. Le défi est excitant ! C’est le bon moment pour moi, pour mon développement et pour celui de l’équipe. Je suis très heureux de venir et d’arriver dans une culture différente, dans un football différent. Et puis City ou New-York sont de grandes organisations : personnellement, je pense que s’il y a moins de gens, nous pouvons tous être plus connectés, chacun peut aider l’autre. Le Gym est vraiment plus familial. Je ressens déjà une très bonne énergie. 

Matt Cook :  J’ai plus ou moins la même sensation. On arrive dans un très bon club avec « une collection »  de bons joueurs et de jeunes talents. C’est un endroit magnifique et une très bonne opportunité de nous tester au haut niveau. Et une possibilité, aussi, d’apprendre une langue différente pour ma famille.

C.L. : Pour moi, c’est aussi une opportunité géniale, y compris au niveau de « mon héritage  personnel », car je suis Italien et Nice est la plus italienne des villes françaises… La L1 est l’un des championnats les plus difficiles d’Europe. Au Gym, il y a de bons joueurs et la possibilité de travailler. L’équipe, le club, le président et Julien (Fournier, Directeur Général) ont fait de très bonnes choses lors des dernières saisons. Le club se développe de la bonne manière. Son ambition « matche bien » avec notre manière de travailler et nos objectifs. Lionel et Fred en sont la preuve. On s’est tout de suite retrouvé sur la philosophie de travail, de jeu : notre collaboration a du sens. 

Justement, connaissiez-vous le Gym avant de venir ici ?
K.W. :  Oui, bien sûr. En tant que staff, nous regardons collectivement des matchs de toute l'Europe. Et nous nous tenons mutuellement au courant des talents qui émergent en L1.

M.C. :  Je connais le Gym grâce à son bond en avant au classement de ces dernières années... Il y a eu un net progrès dans les résultats, mais aussi au niveau des structures, avec de gros investissements.

C.L. : Je suis Romain... Je me rappelle que le président de la Roma avait l’habitude de venir à Nice avec Sensi (président du Gym au début des années 2000). Chez nous, beaucoup parlaient de Nice et de quelques personnes du staff qui l’accompagnaient ici. Plus récemment, j’ai bien suivi le club ces dernières saisons.

De belles saisons…
C.L. : Des jeunes éléments sont sortis. Des joueurs comme Ben Arfa et Mario sont venus, ont fait de très bonnes choses et relancé leur carrière. Ces deux-là n’avaient pas réussi à faire ce qu’ils voulaient ailleurs, et ici ils l’ont fait. Ça signifie qu’il y a un très bon environnement pour aider les joueurs à exprimer leur talent. Nous voulons nous en servir pour avancer. Je respecte le Gym car le club a obtenu des bons résultats, a permis à des joueurs de s’exprimer et de se créer de bonnes opportunités de carrière. 
 

Fred Gioria : "On parle football, donc rien ne change"


Vous avez une grosse expérience de la formation : était-ce important pour vous d’évoluer dans un club qui fait confiance aux jeunes ?

C.L. : Nous voulons développer les jeunes talents, comme nous avons pu le faire dans la passé, c’est certain ! (Ils ont, entre autres, formé Olivier Ntcham, Rony Lopes, Seko Fofana, Karim Rekik, Dedryck Boyata ou encore Thierry Ambrose, à Manchester City… )

K.W. : Je pense que Patrick, Christian et le reste du staff donneront l’opportunité aux jeunes talents de s’exprimer. A titre personnel, je suis déjà très excité par la manière dont on joue, très agressive, ça presse, ça y va. Le niveau technique des joueurs est vraiment très bon, il y a de belles choses à faire.

Fred, Lionel, pour vous c’est la première collaboration avec un staff anglo-saxon.
Fred Gioria : La méthode de travail est différente, mais on parle football, donc rien ne change. Les principes et les idées sont les mêmes.

K.W. : Pour l’instant, il y a encore la barrière de la langue, mais Fred est en train d’apprendre l’anglais (il se marre). Et moi le français.

Lionel, qu’en penses-tu ?
Lionel Letizi : Joueur, j’ai évolué avec des Espagnols, des Brésiliens, je connais cette configuration. Je n’ai pas eu d’entraîneur, mais j’ai côtoyé un préparateur physique italien. (En se tournant vers Christian) Je ne sais pas si tu connais, Feliciano Di Blasi ? 

C.L. : De nom, mais pas personnellement.

L.L. : Quand j’étais à Paris, il était adjoint de Luis Fernandez. Après dans le staff, j’ai commencé avec Claude et poursuivi avec Lucien, donc c’est la première fois que ça change autant et que ça arrive d’horizons différents. Avec Patrick, nous nous connaissions quand nous jouions, nous étions déjà dans les équipes de France de jeunes ensemble.

Le fait que vous soyez des historiques du club doit tout de même aider les nouveaux arrivants, non ?
C.L. : C’est effectivement une aide incroyable pour nous ! Je suis ici depuis 10 jours et il me semble que je suis arrivé depuis 2 ans. Je connais beaucoup de choses que Fred et Lionel m’ont apprises et qu’il était impossible de savoir autrement. La L1, les joueurs, leurs demandes, l’histoire des jeunes... Sans eux, ça aurait été beaucoup plus compliqué de travailler. En plus de leur grande compétence technique, ils incarnent une aide incroyable dans une prise de fonction. Ils m’ont même parlé des quartiers de Nice…

L.L. : Oui, mais le club n’appartient ni à Fred ni à moi. On va faire gagner du temps à ceux qui arrivent, comme on a fait gagner du temps à leurs prédécesseurs, parce qu’on connaît notre métier, les rouages, les joueurs, le fonctionnement du club, la mentalité des supporters... C'est le plus important, car tout ça permet d'aller plus vite. Après, en tant que Niçois, ça fait forcément plaisir de faire tout ça pour Nice...

Fred, quel regard portes-tu sur cette nouvelle collaboration ?
F.G. : Quand tu es dirigeant, pour avancer, le choix de l’entraîneur, souvent, ne tient pas compte du projet sportif. Ils prennent des personnes en fonction de ce qu’on leur propose ou du passé. Chez nous, c’est différent. Nos dirigeants prennent à chaque fois les personnes qui vont dans le sens du projet. C’est toujours bien réfléchi. C’était important que le club puisse recruter des gens qui ont les mêmes idées que celles mises en place depuis que le président et Julien Fournier (Directeur Général) sont là, avec Claude Puel, puis Lucien Favre et dans la même lignée, Patrick Vieira et son staff. C’est vraiment une évolution qui va dans le bon sens. Au contact de ces gens-là, même individuellement, on va progresser, grandir et prendre du plaisir à travailler. 

Quand tu penses à 10 ans en arrière, cette nouvelle donne te surprend ?
F.G.Complètement. On ne pouvait pas s’imaginer qu’un jour, on puisse avoir tout ça à Nice. Que le club progresse aussi rapidement au niveau des résultats, des structures. C’est grâce à ces avancées que tu peux arriver à recruter les coachs ou les joueurs qu’on a pu connaître depuis 4 ou 5 ans.
 

"Si tu veux devenir pianiste, tu ne cours pas autour du piano"


Les rôles de Fred (entraîneur adjoint) et Lionel (entraîneur adjoint en charge des gardiens) sont connus depuis des années. Pouvez-nous nous expliquer simplement les vôtres ?
C.L. : Je suis entraineur adjoint, avec Fred. Je travaille avec Patrick depuis qu’il a commencé à entraîner. Je l’assiste pour mettre en place ses principes, sa méthodologie et sa philosophie de jeu. On fait ça ensemble depuis 6 ans, donc on se connaît très bien et on n’a pas besoin de trop parler. Mon rôle, c’est de l’aider à mettre en place son idée au niveau du jeu et, d'une manière plus générale, de la gestion, afin qu’il puisse faire son travail au mieux.

M.C. : Je suis en charge de la préparation physique des joueurs, par le biais de différents types de travail où on intègre de la tactique et de la technique. Nous essayons, dès à présent, de bosser tous les aspects en même temps pour être prêts dès le début de la saison. 


La fameuse préparation avec ballon dont parle le coach...
M.C. : Pour nous, c’est important, car tu as trop toujours peu de temps d’entraînement. Si tu fais la préparation physique maintenant, en travaillant dans le même temps la tactique et la technique, chaque minute devient plus riche. Si tu ne prépares que le physique et après le reste, tu perds du temps. Donc on essaye de tout améliorer en permanence : physique, tactique, technique et mental.

C’est le meilleur moyen d’aller vite ?
M.C. : Je pense que c’est le moyen que l’on doit employer. En tout cas c’est notre méthodologie. Après c’est très difficile de dire « le meilleur », mais les gars aiment ça.

K.W. : Si tu veux devenir un pianiste, tu ne cours pas autour du piano. Tu joues du piano…

Belle image ! 
K.W. : Elle a du sens. On intègre tout en même temps parce qu’on n’a pas beaucoup de temps avant de jouer. Plus tu es connecté, plus la sensibilité te vient. Moi, ma mission, c’est de développer les joueurs sur les aspects techniques afin que tous puissent jouer comme le coach et le staff le veulent. Il y a aussi un travail plus spécifique pour « qu’ils deviennent plus eux » et ne ressemblent pas à une équipe standard.

Je peux en prendre certains individuellement ou par petits groupes, et toujours garder le même objectif : les faire progresser pour qu’ils s’intègrent parfaitement au collectif. Enfin l’une des choses les plus importantes pour moi est de créer un bon environnement pour les gars, pour qu’ils apprennent d’une manière « serious-fun » (sic). Pour une raison simple : c’est plus facile de travailler dur dans une bonne atmosphère !

Propos recueillis par C.D.

 

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