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Baratelli : « Ca me rappelle la demie de 78 »

Interview

7 janvier 2018

Baratelli : « Ca me rappelle la demie de 78 »

Immense talent, grand Monsieur, Dominique Baratelli a marqué l'histoire de l'OGC Nice. Gardien du temple de 1971 à 1978 (288 matchs), « Doumé » sera mis à l'honneur en amont du quart de finale de Coupe de la Ligue face à Monaco (mardi à 21h à l'Allianz Riviera). A 48h du derby, l'ancien international (70 ans, 21 sélections) a décroché son téléphone depuis Vence, où il passe une retraite paisible. L'occasion de raviver quelques souvenirs et de découvrir le regard qu'il porte sur ses successeurs.

On vous imagine impatient de retrouver le public niçois... 
J’étais venu donner le coup d’envoi d’un match contre Paris au Ray, et nous avions été mis à l'honneur avant le match amical contre Barcelone. C’est sympa. Or, ça n’avait jamais été fait avant l’arrivée du président Rivère. Quand j'étais gosse j’ai vu jouer Pancho Gonzalez, Vic Nuremberg, etc., qui gagnaient tout. C'est important de ne pas oublier ses racines.

Suivez-vous toujours le Gym ?
Bien sûr, je suis attentivement les matchs du Gym et du Paris Saint-Germain, qui sont mes 2 clubs (il a évolué au PSG de 1978 à 85 ndlr).

Quel regard portez-vous sur vos successeurs dans les buts de l'OGC Nice ?
En ce qui concerne Benitez, je ne l'ai pas encore assez vu jouer pour le juger. Tout ce que je peux vous dire, c'est que c’est rassurant de savoir qu’on a un gardien performant sur les pénalties, on peut faire des fautes dans la surface (rires). Quant à Cardinale, il traverse une passe plus compliquée. Personne n'est à l'abri, y compris les meilleurs. Pour s'en relever, c’est une question de force de caractère. Il a l'air d'en être bien pourvu, même si je ne le connais pas personnellement. Il faut évacuer tout ça à l’entraînement et attendre le déclic en compétition. Mais il ne faut pas non plus noircir le tableau : il a aussi réalisé beaucoup d’arrêts. Il faut le juger sur la globalité.

Et sur Hugo Lloris ?
Quand j’étais entraîneur des gardiens à l’OGC Nice, le mercredi je m’occupais des petits. Il est venu faire un essai avec 3 autres gardiens : on a tout de suite vu qu’il avait quelque chose. Je suis parti à l'issue de sa première année en pupilles et je l’ai suivi de loin ensuite. Le voir capitaine de l'équipe de France, c’est formidable. Il le mérite car il a de grandes qualités, et c’est un garçon très sympathique et intelligent. Et puis il a battu le record de sélections, ça ne se discute pas ça ! Je suis excessivement fier de son parcours et je félicite tous ses éducateurs.

« Monaco a l'air de réussir à Nice à domicile... »

Quel est votre sentiment avant ce quart de finale contre Monaco ?
Ca me rappelle la Coupe de France 78. On joue Monaco en demie : on gagne 1-0 à l'aller et on se qualifie en faisant nul au retour. Ca reste un bon souvenir ! Comme Monaco a l’air de réussir à Nice à domicile, on est plein d’espoir pour mardi.

Est-ce votre plus beau souvenir en coupe ?
Je me souvient aussi du quart contre Nantes au tour précédent. Le faux-pas c’était la finale contre Nancy. J’ai aussi de bons souvenirs avec le PSG (il a remporté l'épreuve en 1982 et 1983). Avec Nice, nous étions aussi allés en demi-finales en 77. On a réussi à faire "carrière" en coupe plusieures années de rang.

L'OGC Nice, saison 1976-77.

« La Coupe, une question d'état d'esprit »

Comment devient-on une véritable "équipe de coupe" ?
C’est avant tout une question d'état d'esprit et de manière d'aborder les matchs. Avec le PSG, on est mené 1-0 face à Nîmes et on concède un penalty. On finit par égaliser avant de nous qualifier aux tirs-au-but. Et finalement on gagne la coupe cette année-là (1982) ! Avec un bon état d'esprit, on peut forcer la chance. Ca ressemble à ce que les Niçois ont fait à Toulouse en championnat (victoire 1-2). Trouver la force de caractère pour renverser une situation aussi compromise peut servir de déclic, et donner beaucoup de confiance pour la suite.

« On joue à domicile quand même ! »

Quel est votre pronostic pour mardi ?
Même si Monaco a perdu des joueurs, il y a encore beaucoup de qualité, avec Falcao, Fabinho, Glik et Subasic dans les buts… Jemerson est un peu moins bien, mais ça ne va pas durer. L’an passé, c’était extraordinaire. Cette saison, c’est un peu plus laborieux, mais ils gagnent et sont très difficiles à manoeuvrer. Le fait d'avoir remporté 4-0 les deux derniers derby à l'Allianz peut être un atout car on ne sait jamais ce qui se passe dans la tête des joueurs. Et puis on joue à domicile, quand même ! J'espère une qualification : on ne parle pas de score mais de qualification ! C'est ce que je leur souhaite. Tout comme de ne pas rencontrer Nancy en finale (rires).

F.H.

Rdv à 19h30 au Café des Aiglons !

Dominique Baratelli vous donne rendez-vous à 19h30 au Café des Aiglons (entrée gratuite). après avoir échangé avec ses anciens supporters, le portier foulera la pelouse de l'Allianz Riviera pour y recevoir le trophée de l'ancien Aiglon, avant le coup d'envoi de la rencontre.