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Hervé Mathoux : « Nice, un club qui compte »

Interview

4 novembre 2017

Hervé Mathoux : « Nice, un club qui compte »

En vacances dans la région, Hervé Mathoux en a profité pour visiter le nouveau centre d'entraînement et de formation du Gym, vendredi dernier. Conquis par la nouvelle demeure des Aiglons, l'animateur vedette du Canal Football Club livre son regard sur l'OGC Nice. Son évolution, sa dimension médiatique, sa mauvaise passe actuelle... le journaliste passe tous les sujets en revue, avec justesse et recul. 

Même en congés, le football n'est jamais bien loin pour vous...
Exactement. Je n’avais pas pu venir à l’inauguration et j'avais très envie de découvrir ce nouvel outil. Comme j'étais dans le coin, j’ai joint l’utile à l’agréable et appelé Virginie (Rossetti, directrice Communication et Marque de l'OGC Nice) pour lui demander d’effectuer une visite.

Quel est votre sentiment après cette visite ?
Le nouveau centre est impressionnant. Je ne connaissais pas le précédent, uniquement sa réputation, ce qui m’avait suffi pour m’en faire une idée. Je constate qu’il y a aujourd'hui un outil à la fois moderne, pratique et élégant. Il est tout simplement beau, ce qui n’est pas un détail quand on y évolue au quotidien.

« Les résultats actuels n'ont pas détérioré notre relation avec le Gym »

Pourriez-vous nous décrire votre relation avec le Gym ?
Je n’ai pas de relation "historique", mais le Gym fait partie du patrimoine du foot français. Ses résultats n'ont pas toujours été au niveau par le passé, mais c’est un club qui compte. Par contre, j'ai un rapport plus récent avec lui, lié aux gens qui y travaillent. Je le cite souvent en exemple lors des discussions qu’on peut avoir avec la Ligue. Sur les relations entre les médias et les clubs professionnels, le Gym se détache largement dans sa capacité à comprendre les enjeux médiatiques, à vouloir faire parler de lui. Il n'y a que des louanges à faire, car on travaille main dans la main. On a particulièrement suivi les Niçois au cours de la saison dernière, qui était fantastique.

Cet exercice est plus compliqué...
C’est un peu plus dur cette saison mais je constate, et c’est symptomatique, que les résultats actuels n’ont pas détérioré notre relation. Il y a des clubs où tout va bien quand on leur dit qu’ils sont formidables, quand ils gagnent. Quand ils commencent à moins gagner, ça se tend, ça se referme. Or, on continue de travailler de manière très professionnelle avec Nice. Ça avait, de toute manière, commencé à bien se passer avec le club avant les résultats exceptionnels de la saison dernière. C’est lié aux personnes qui y travaillent, donc, mais aussi à la capacité à comprendre qu’un club est autre chose que 11 joueurs sur un terrain, qu’il y a une dimension médiatique, culturelle et sociale dans un environnement particulier. Cela permet d’aborder la communication au-delà du prisme du résultat, et du « que va-t-on faire demain, et a-t-on gagné ou a-t-on perdu ? ».

Entretenez-vous une telle relation avec les autres clubs de Ligue 1 ?
Hélas, non. Pas avec tous en tout cas. D'autres clubs ont encore du mal à comprendre les enjeux réels en dehors du terrain.

Quel regard portez-vous sur l’évolution récente de l'OGC Nice ?
Les cadres ont changé. Quand on se projette 4 ans en arrière, c’était le stade du Ray, avec l’ancien centre d’entraînement. Ce changement structurel, et l'évolution de l’effectif ont complètement changé la position de l’OGC Nice sur l’échiquier du football français. Il y a une évolution rapide qui confine à la révolution.

« Il y a 5 ans, la passe traversée par l'OGC Nice n'aurait pas fait un ligne dans les journaux »

Cela peut-il rajouter de la pression ?
Oui, quand on change de catégorie, fatalement les yeux sont plus rivés sur soi. On a plus d’impératifs de réussite. Il y a 5 ans, si Nice s’était retrouvé dans le positionnement actuel, en perdant 3-4 matchs de suite, ça n’aurait pas fait une ligne dans les journaux nationaux. Aujourd’hui, ça interpelle, on se demande ce qui se passe, pourquoi ils ne gagnent pas. C’est la rançon logique.

Sportivement, comment décririez-vous le début de saison ?
Incontestablement, il n'est pas bon. Il interpelle, interroge, même si on pouvait un peu s’y attendre. C’est un grand classique dans le foot : après une saison très réussie, on a la coupe d'Europe à gérer, un statut médiatique différent, et très souvent ça se passe moins bien. On pouvait donc envisager des difficultés, mais peut-être pas à ce point. Je pense qu’avec le temps ça va revenir. C’est déjà trop tard pour rééditer les performances de la saison dernière, mais avec le talent et la qualité de l’effectif, ça va s’améliorer. 

"Se méfier de Dijon"

Peut-on pointer du doigt l'accumulation des rencontres avec la coupe d'Europe ?
Ça fait partie des explications récurrentes sur les difficultés d’un club pour confirmer après une saison réussie. Mais pas à ce point. D’autant plus qu’il y a eu une gestion de l’effectif intelligente.  Nice a décidé de jouer les coupes d’Europe à fond et de ne pas galvauder ces compétitions. Il est certain que ça rajoute de la difficulté, mais ça ne me parait pas suffisant pour justifier entièrement le déficit de résultat actuel.

Trois jours après la Lazio, le Gym recevra Dijon ce dimanche (à 15h). Comment analysez-vous la première ligne droite du DFCO ?
Elle est correcte. Ça ressemble d'assez près à ce qu'ils ont réalisé la saison dernière. C'est une équipe assez joueuse, qui produit un football assez agréable alors qu'elle évolue dans les eaux plus troubles de la Ligue 1. Parfois, on se dit qu'ils mériteraient mieux, mais ils ont ce problème récurrent d'efficacité et sont parfois privés de succès en encaissant un but dans les derniers instants. C'est une équipe dont il faut se méfier et qui est à sa place : elle va lutter pour le maintien, mais ne dispose pas de moins d'atouts que les autres pour y parvenir. 

F.H. / C.D.