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Lyon - Nice pourrait se poursuivre à l'Assemblée |
18/09/2008 |
En début de semaine, la polémique née de l’arbitrage de la rencontre Lyon – Nice a pris un tour politique. Muriel Marland-Militello, Député des Alpes-Maritimes et adjointe au Député-Maire de Nice a interpellé Bernard Laporte au sujet de « la qualité de l’arbitrage du football français ». Nous avons voulu en savoir plus et les raisons de l’action de la député niçoise.
Madame Marland-Militello, pourquoi avez-vous souhaité réagir aux grossières erreurs d'arbitrage du match OGC Nice-OL de samedi soir ?
J'ai tout d'abord réagi en tant que Niçoise, en tant que supporter de l'OGC Nice. Je n'ai malheureusement plus le temps d'aller au stade aussi souvent que je l'aimerais mais je suis attentivement les performances de l'OGC Nice. Pour cette saison, je trouve d'ailleurs que les Aiglons ont fait des débuts très prometteurs en Ligue 1.
Ensuite j'ai réagi en tant que député, soucieuse de l'intérêt général. Sur la 5ème journée de Ligue 1 on a pu voir de trop nombreuses erreurs d'arbitrage. Et trop c'est trop ! Ce match, marqué du sceau du cafouillage arbitral, a donc été le déclencheur d'une action politique concrète pour le football, pour le sport, pour ses valeurs.
« Le sentiment d’injustice est à l’origine de nombreux débordements »
Pourquoi avez-vous porté l'affaire auprès du gouvernement ? Est-ce le rôle d'un député de se préoccuper de problèmes d’arbitrage ?
Bien sûr que c'est le rôle d'un député. Y aurait-il des sujets réservés aux députés et d'autres interdits ? Le football et le sport en général ne seraient-ils pas dignes d'intérêt pour les politiques ? Je suis convaincue que non. Le rôle d'un député est de bousculer les lignes. Le député doit agir là où il y a des problèmes. Et en l'occurrence dans l'arbitrage il y a des problèmes, des problèmes récurrents. Ce qui s'est passé samedi soir est une véritable injustice pour notre club mais ce n'est que la manifestation du problème général de la qualité de l'arbitrage français.
De plus, le sport véhicule des valeurs importantes, un esprit. L'injustice n'est pas compatible avec ces valeurs. Cela nuit aux arbitres mais aussi au sport et aux sportifs. Le sentiment d'injustice créé tend les relations entre les supporters, ce qui va, nous l'avons encore vu récemment, jusqu'à des débordements inacceptables.
Le groupe d'études parlementaire sur le sport, présidé par mon collègue et ami Bernard Depierre, et dont je fais partie, réfléchit d'ailleurs à ces problèmes pour trouver des solutions concrètes.
Vous appelez à un « Grenelle de l'arbitrage ». Qu'entendez-vous par là ?
Je pense que face à la gravité de la crise de l'arbitrage, qui affecte la qualité des décisions arbitrales mais qui est aussi une crise des vocations, il est temps de tout remettre à plat sereinement. Je ne mets pas à l'index tel ou tel arbitre, tel ou tel club. Je ne mets pas non plus en cause la probité des arbitres, qui jouent sur le terrain un rôle difficile. Mais je dis que les erreurs grossières d'arbitrage sont davantage dues au fait que l'on ne donne pas aux arbitres les moyens de ne pas commettre ces erreurs. Je sais d'ailleurs que votre président Maurice Cohen mène depuis longtemps une action courageuse pour améliorer la qualité de l'arbitrage français. Il a mon total soutien.
Deux points me paraissent incontournables : il faut améliorer la formation des arbitres et généraliser l'assistance vidéo.
L'arbitrage vidéo a néanmoins des détracteurs, notamment Michel Platini. Pensez-vous que cette solution sera mise en place ?
Je l'espère ! D'autres sports utilisent déjà les moyens techniques modernes pour éclairer la décision des arbitres sans entraver le spectacle, comme dans le rugby et le tennis par exemple. Un homme seul, même avec l'aide de deux arbitres assistants et d'un quatrième arbitre, ne peut pas tout voir. La vidéo permettra de prendre des décisions objectives et incontestables, ce qui permettra d'apaiser d'éventuelles rancoeurs contre les arbitres et entre supporters. Pourquoi s'en priver ?
Pensez-vous que votre action permettra de changer les choses ?
Cette intervention officielle auprès de Bernard Laporte n'est pas ma première intervention sur le thème de l'arbitrage. Mon engagement pour le sport n'est pas nouveau. Ces problèmes d'arbitrage, que je trouve particulièrement néfastes, retiennent toute mon attention dans mon travail parlementaire.
Bernard Laporte, avec qui j'ai parlé mardi de vive voix, est un homme ouvert, dynamique et compétent. Il est bien conscient de ces problèmes qui affectent le football en particulier. Et venant du rugby, il est certainement un des mieux placés pour plaider en faveur de l'assistance vidéo.
Samedi Nice rencontre Le Mans. Un pronostic ?
Je me garderai bien de faire un pronostic. Tout ce que j'espère c'est que l'arbitrage de ce match sera irréprochable, que Nice fera du beau football, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Bien sûr, je souhaite la victoire de l'OGC ! Issa Nissa !
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